France: le polémiste Éric Zemmour relaxé en appel pour des propos tenus en 2019

Le polémiste Éric Zemmour.
Le polémiste Éric Zemmour. © AFP/Lionel Bonaventure

La cour d'appel de Paris a relaxé, mercredi 8 septembre, le polémiste Éric Zemmour, poursuivi pour injure et provocation à la haine. Il avait parlé en 2019, lors d'une réunion politique, d'« immigrés colonisateurs » et d'une « islamisation de la rue », ce qui lui avait valu une condamnation à 10 000 euros d'amende en première instance. Cette fois, les juges de la cour d'appel ont estimé que les infractions poursuivies n'étaient pas constituées. 

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Pour la cour d'appel, ces propos ne visent pas l'ensemble des Africains, des immigrés ou des musulmans, mais seulement des fractions de ces groupes. Les juges expliquent : « Il n'est nullement justifié de propos visant un groupe de personnes dans son ensemble en raison de leur origine ou appartenance à une ethnie, nation, race ou religion déterminée ». Il n'y pas donc pas, pour eux, d'infraction caractérisée.

Un jugement qui n'est pas compris, c'est un euphémisme, par les parties civiles composées d'associations qui luttent contre le racisme. Pour Jérôme Karsenty, l'avocat de la Ligue des droits de l'homme, par exemple, la décision est catastrophique pour le débat public, elle autorise tous les excès racistes. 

Le premier jugement s'appuyait sur l'idée que si la liberté d'expression doit permettre aux opinions, même choquantes, de pouvoir s'exprimer, les propos du polémiste allaient plus loin et injuriaient une communauté et sa religion.

En revenant sur cette décision, la cour d'appel relance ce débat au moment où certains prêtent à Éric Zemmour des ambitions présidentielles.

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