13-Novembre: une webradio pour permettre aux victimes de suivre le procès à distance

La gigantesque salle d'audience construite spécialement pour accueillir le procès des attentats du 13 novembre 2015, au palais de Justice de la Cité, dans le centre de Paris.
La gigantesque salle d'audience construite spécialement pour accueillir le procès des attentats du 13 novembre 2015, au palais de Justice de la Cité, dans le centre de Paris. AFP - THOMAS COEX

Le procès des attentats du 13-Novembre s'est ouvert mercredi devant une cour d'assises spécialement constituée. Quelque 1 800 rescapés et proches de victimes se sont déjà constitués parties civiles. Celles qui ne veulent ou ne peuvent être présentes aux audiences pourront les suivre sur webradio. Une première dans un procès criminel.

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« Là, on est dans la régie, décrit Julien Petit, secrétaire général adjoint du parquet de Paris. C’est la première fois qu’on a installé une régie dans une salle d’audience. Elle nous servira à trois choses. La première, c’est assurer la bonne retransmission vers les salles dans le palais de justice. La seconde, c’est qu’elle servira à l’enregistrement historique. Et la troisième, c’est qu’elle servira de salle de production pour la webradio ».

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Comment fonctionne cette webradio ? « Elles [Les parties civiles] auront accès lorsqu’elles se sont constituées parties civiles uniquement à un code sécurisé qui leur permettra d’avoir accès par internet aux débats, détaille Héléna Christidis, avocate aux parties civiles. Il y aura un différé pour être sûr que s’il y a des incidents d’audience ce ne soit pas seulement retranscrit tel quel. C’est un plus. Beaucoup de victimes ont sollicité cette webradio. Certaines souhaitaient même que ce soit une visio. Maintenant, pour les victimes, cela risque d’être assez compliqué et il faut vraiment les préparer en amont. »

Un numéro d'assistance psychologique

Car même si un bandeau mentionnera les noms et qualité de la personne qui parle, maître Clémence Witt redoute la manière dont les débats seront reçus : « Je crois que ce qui a été craint dans la possibilité d’une retransmission vidéo de l’audience, c'était la captation frauduleuse d’images, explique-t-elle. C’est évidemment dommage, car au-delà du fait que la webradio semble très insuffisante pour comprendre le tour de parole et pour comprendre ce qui se passe dans une salle d’audience, c’est effectivement très violent de se retrouver à entendre des débats intenses, humainement souvent difficilement supportables, en étant seul sur le canapé à 1 000 kilomètres. »

Un numéro d’assistance figurera donc sur la page d’accueil qui permettra d’obtenir l’aide d’un psychologue. Si cette webradio est innovante, il y a une limite : les débats ne seront pas traduits, ce que déplorent les parties civiles étrangères pourtant parmi les premières concernées par ce dispositif de suivi à distance.

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