Alexandre Benalla face à la justice, trois ans après les violences du 1er mai 2018

Alexandre Benalla lors de son audition à la Commission des lois du Sénat, le 19 septembre 2018 à Paris.
Alexandre Benalla lors de son audition à la Commission des lois du Sénat, le 19 septembre 2018 à Paris. AP - Thibault Camus

Ce lundi 13 septembre en début d'après-midi s'est ouvert le procès d'Alexandre Benalla. L'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron est jugé, entre autres, pour « violences volontaires en réunion ». L'ancien chargé de mission à l'Élysée, âgé de 30 ans, est poursuivi pour s'en être pris à plusieurs personnes lors des manifestations du 1er-Mai, en 2018, et notamment à un couple. Il risque trois ans de prison.

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Ce 1er mai 2018, vers 19 heures, des incidents éclatent dans le Quartier latin, à Paris, entre manifestants et forces de l'ordre. Place de la Contrescarpe, un couple jette des projectiles. Un homme, Alexandre Benalla, qui ne porte pas d'uniforme, mais un casque de policier, agrippe violemment la jeune femme, l'entraîne et la frappe. Pendant ce temps-là, des CRS tentent d'interpeller son compagnon.

Le jeune homme est au sol. Alexandre Benalla intervient, l'étrangle pour le faire se lever, le frappe... Quand il se rend compte qu'il est filmé, le collaborateur d'Emmanuel Macron s'éloigne. Les images sont diffusées sur les réseaux sociaux.

Un peu plus tôt dans l’après-midi, Alexandre Benalla avait déjà participé à l’arrestation de trois autres personnes. Problème, dans les deux cas, le chargé de mission à l’Élysée n’est pas habilité à intervenir, encore moins à porter un brassard et un casque de policier.

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L'un des plus gros scandales du quinquennat

Deux mois et demi plus tard, le journal Le Monde identifie Alexandre Benalla. Invité en tant qu'observateur, il n'avait rien à faire au milieu des CRS. Lui se défend en affirmant qu'il n'a fait que son devoir de citoyen en interpellant des délinquants. Ce qui ressemblait au départ à une bavure policière devient l'un des plus gros scandales du quinquennat. Un scandale alimenté par de multiples rebondissements.

Car Alexandre Benalla comparaît aussi pour une autre affaire, celle des passeports diplomatiques qu’il a continué à utiliser après avoir été licencié de l’Élysée. C’est ce que rapporte notre envoyée spéciale au Palais de justice de Paris, Marine de la Moissonnière.

Et enfin, il y a aussi ce selfie pris par l’employé d’un restaurant, pendant la campagne présidentielle, et sur laquelle Alexandre Benalla exhibe une arme, un révolver qu’il n’a l’autorisation de porter qu’au QG du parti présidentiel. Un simple jouet, affirme-t-il. C’est pour ce port d’arme non autorisé qu’il risque le plus gros: sept ans de prison et 100 000 euros d’amende.

Le palais de l'Élysée est soupçonné d'avoir couvert l'affaire. Au lendemain des faits, Alexandre Benalla n'a écopé que de 15 jours de suspension. Il faudra les révélations du Monde pour qu'il soit licencié et que le parquet de Paris ouvre une enquête. Plus de trois ans après, le procès va commencer.

«Il y a eu beaucoup de tentatives de récupération politique, et même des tentatives de les politiser eux (ses clients) »

Me Sahand Saber, avocat du couple molesté par Alexandre Benalla

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