«Beauvau de la sécurité»: les mesures annoncées par Emmanuel Macron pour renforcer la police

Les policiers auront un «centre de formation» sur le maintien de l'ordre, a annoncé le président Macron lors de son discours à Roubaix.
Les policiers auront un «centre de formation» sur le maintien de l'ordre, a annoncé le président Macron lors de son discours à Roubaix. AP - Ludovic Marin

Le président français a annoncé un budget supplémentaire de 500 millions d'euros en 2022 pour mettre en œuvre les mesures décidées lors du « Beauvau de la Sécurité » ainsi qu'une loi de programmation pour les sécurités intérieure à venir d'ici 2022.

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Emmanuel Macron a annoncé ce mardi à Roubaix un budget supplémentaire de 500 millions d'euros en 2022 pour mettre en œuvre les mesures décidées lors du « Beauvau de la Sécurité », qui va renforcer les moyens des forces de l'ordre. Au total, le budget du ministère de l'Intérieur augmentera d'1,5 milliard d'euros en 2022, a annoncé le chef de l'État en présentant les conclusion de cette vaste concertation sur la sécurité. Les 500 millions d'euros constituent une rallonge par rapport à la hausse de 900 millions annoncée par le Premier ministre Jean Castex fin juillet.

Le président a par ailleurs annoncé l'élaboration d'une loi de programmation et d'orientation pour la sécurité intérieure (Lopsi), qui sera présentée début 2022, et demandé une « simplification drastique » de la conduite des enquêtes. Emmanuel Macron a demandé au ministre de l'Intérieur de préparer cette « Lopsi », qui ne pourra pas être votée sous ce quinquennat. Il a également chargé le garde des Sceaux d'engager une simplification des procédures pénales dans le cadre des états généraux de la Justice avec des premières mesures concrètes attendues d'ici à trois mois.

Je demande au Garde des sceaux d'élaborer sous un mois un bilan des mesures de simplification engagées depuis le début du quinquennat et de faire des propositions pour améliorer rapidement le travail des enquêteurs, des magistrats et de l'ensemble des forces.

Emmanuel Macron sur la simplification des procédures judiciaires

Doublement « en dix ans » des policiers sur le terrain

Du côté des effectifs, Emmanuel Macron a aussi assuré qu'il voulait « doubler en dix ans » la présence sur le terrain des « policiers et des gendarmes » et a souhaité la mise en place de « la plainte en ligne » en 2023. Le chef de l'État, qui a répété vouloir « plus de bleu » dans la rue, a demandé qu'une réforme des horaires des forces de sécurité soit présentée au début de l'année 2022 pour permettre un accroissement de leur présence sur le terrain.

Les mots ont été plutôt forts, plutôt solennels, du respect, de la reconnaissance... Ce la on l'accepte, on l'apprécie et on le souligne. De l'autre côté, il y a un budget complètement hors normes, c'est du jamais vu.

Grégory Joron, secrétaire général Unité SGP Police FO

Formation au maintien de l'ordre

Un centre de formation sur le maintien de l'ordre pour les policiers devrait également voir le jour après les critiques qui ont émaillé leurs actions lors des manifestations, notamment pendant le mouvement des « gilets jaunes ». Ce centre, basé en région parisienne, sera à l'image de celui existant déjà pour les gendarmes à Saint-Astier (Dordogne), a précisé Emmanuel Macron qui a également affirmé souhaiter la création « d'une instance de contrôle parlementaire des forces de l'ordre », en réponse aux critiques visant l'IGPN et l'IGGN (police et gendarmerie) dont les rapports, a-t-il ajouté, seront désormais « rendus publics ».

Nous n'avons rien à craindre d'une transparence accrue et d'une plus grande vigilance dans le suivi de ce qui émerge. Nous devons tendre à l'irréprochabilité.

Emmanuel Macron sur la transparence de l'IGPN

Nouveau « polo modernisé » et un calot

Un renouvellement de l'uniforme des policiers est par ailleurs à l'ordre du jour. Les forces de l'ordre auront un nouveau « polo modernisé » et un calot au lieu de la casquette à partir du premier trimestre 2022. Ce nouvel uniforme, fabriqué en France et élaboré après un appel aux écoles de mode et de design, fait partie « de la considération que nous vous devons » a déclaré dit le chef de l'État.

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