«On vous croit»: la Commission inceste appelle les victimes à témoigner

À la maison d'accueil Jean Bru, qui offre des soins spécifiques pour les enfants ayant souffert de violences sexuelles domestiques, à Agen, le 10 décembre 2020.
À la maison d'accueil Jean Bru, qui offre des soins spécifiques pour les enfants ayant souffert de violences sexuelles domestiques, à Agen, le 10 décembre 2020. AFP - PHILIPPE LOPEZ

La Commission inceste a lancé mardi 21 septembre une plateforme téléphonique pour recueillir la parole des victimes de violences sexuelles dans l'enfance et s'inspirer de leur vécu pour définir des outils pour protéger les enfants. Cette plateforme permettra également aux victimes d'être écoutées par des intervenants et d'être orientées si elles ont besoin d'aide. Les victimes de violences sexuelles pourront aussi, si elles le souhaitent, témoigner par écrit sur le site internet de la Ciivise ( Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), sous l'égide du secrétariat d'État chargé de l'Enfance.

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Libérer la parole, c'est tout l'objectif de cette plateforme téléphonique. Les pédopsychiatres l'observent : les enfants victimes de violences sexuelles se dessinent sans bouche. Un détail très significatif, comme l'explique Édouard Durand, qui a été juge pour enfants pendant 17 ans et copréside la commission : « L’agresseur cherche à assurer son impunité. Pour cela, il met en œuvre une stratégie. Et dans la stratégie de l’agresseur, il y a toujours imposé le silence. »

Mais grâce à l'accueil téléphonique, entre autres, les victimes vont oser parler : « C’est difficile pour un enfant ou une personne adulte de parler, parce qu’il y a la peur de ne pas être cru, poursuit Édouard Durand. Et il est très important, donc, d’ouvrir des espaces, où l’enfant victime de violence sexuelle se dira : "Cet adulte, je peux lui faire confiance. Si je lui révèle les violences que je subis, il me croira." »

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160 000 mineurs victimes chaque année de violences sexuelles

Pour le magistrat, c'est très important que cette parole soit entendue par une instance publique : « Elle incarne le fait que la société prend conscience que les victimes de violences sexuelles ont subi des traumatismes extrêmement graves et qu’elle est responsable de leur donner une protection, pour que les enfants grandissent dans la dignité et l’intégrité. » Les violences sexuelles touchent environ 160 000 mineurs chaque année.

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