Reportage

Martinique: le mouvement de protestation et les barrages continuent

Les barrages filtrants continuent malgré l'annonce de futures négociations en Martinique, le 24 novembre 2021.
Les barrages filtrants continuent malgré l'annonce de futures négociations en Martinique, le 24 novembre 2021. © LOIC VENANCE/AFP

La situation est toujours tendue dans les Antilles françaises. Le mouvement de protestation contre l'obligation vaccinale se poursuit, parfois émaillé de violences contre les forces de l'ordre. En Martinique, les blocages de routes se poursuivent.

Publicité

avec notre envoyé spécial aux Antilles, Pierre Olivier

Les barrages filtrants en Martinique sont plus nombreux qu'en Guadeloupe. Il y en a plusieurs dizaines sur les routes de l'île sans qu'il soit possible tous les dénombrer. De gigantesques files d'attente se créent sur les routes, y compris sur les axes principaux et lorsque les automobilistes arrivent devant un barrage, ils doivent faire demi-tour. Seuls les soignants, les ambulances et les pompiers peuvent passer.

Martinique: les grévistes à l’ombre d’un barnum qui bloquent le rond point Mahault au Lamentin et se relaient pour demander aux automobilistes de faire demi tour, le 24 novembre 2021.
Martinique: les grévistes à l’ombre d’un barnum qui bloquent le rond point Mahault au Lamentin et se relaient pour demander aux automobilistes de faire demi tour, le 24 novembre 2021. © Pierre Olivier RFI

La revendication principale est exactement la même qu'en Guadeloupe : le retrait pur et simple de l'obligation vaccinale. Certains grévistes se disent aussi prêts à négocier : « On demande que le préfet et que l'ARS s'assoient autour d'une table pour négocier. On n'est pas des imbéciles. Nous, on vit dans la pauvreté ! On est en train de mendier ! On ne demande pas la violence. On ne veut pas de violences, on veut la paix et on veut négocier. »

L'intersyndicale envisage de durcir le ton

Les autorités seraient d'ailleurs prêtes au dialogue, dans cette île secouée comme sa voisine la Guadeloupe par une contestation du vaccin anti-Covid obligatoire, qui tourne à la violence dans certains quartiers. Mais en attendant des discussions avec les élus locaux, la Martinique continue de tourner au ralenti. L'intersyndicale qui a lancé les blocages lundi envisage même de durcir le ton.

Les syndicats ont tout de même prévenu qu'ils ne comptaient pas baisser la garde. « Si jusqu'à présent l'État a fait de petits pas, c'est grâce au rapport de force », a observé Gabriel Jean-Marie, secrétaire général de la CGTM. Les barrages pourraient donc persister.

►À lire aussi : L'obligation vaccinale, catalyseur d'une situation sociale explosive dans les Antilles françaises

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI