Emmanuel Macron: «Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder»

Le président français Emmanuel Macron, le 15 décembre 2021 à Bruxelles.
Le président français Emmanuel Macron, le 15 décembre 2021 à Bruxelles. AP - Johanna Geron

Dans un échange avec des lecteurs du quotidien Le Parisien, le président français s'en est pris sans ménagement aux millions de personnes qui ont fait le choix de ne pas se faire vacciner contre le Covid-19 avec les vaccins rendus disponibles dans le pays. Emmanuel Macron s'est également arrêté sur l'Europe, le nucléaire ou encore la laïcité, sans oublier la présidentielle, pour laquelle il ne s'est pas encore déclaré candidat.

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« Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l'administration quand elle les bloque. Eh bien là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout, c'est ça la stratégie. »

Propos signé Emmanuel Macron et rapporté sur le site du Parisien, mardi janvier au soir. Le chef de l'État entend limiter « pour eux, autant que possible, l'accès aux activités de la vie sociale ».

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À la question d'une lectrice du journal, qui lui faisait remarquer que les non-vaccinés « occupent à 85% les réanimations », le président français a estimé que cette remarque était « le meilleur argument » pour la stratégie du gouvernement.

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« La quasi-totalité des gens, plus de 90%, ont adhéré » à cette vaccination aux yeux d'Emmanuel Macron, pour qui tous les vaccinés l'ont donc acceptée de bon cœur. Et c'est, selon lui, « une toute petite minorité qui est réfractaire. Celle-là, comment on la réduit ? On la réduit, pardon de le dire, comme ça, en l'emmerdant encore davantage. »

« Je ne vais pas les mettre en prison, je ne vais pas les vacciner de force. Et donc, il faut leur dire : à partir du 15 janvier, vous ne pourrez plus aller au restau, vous ne pourrez plus prendre un canon, vous ne pourrez plus aller boire un café, vous ne pourrez plus aller au théâtre, vous ne pourrez plus aller au ciné... », assume le chef de l'État.

Concernant plus spécifiquement ceux qu'il appelle les « antivax », M. Macron se montre cinglant : « L'immense faute morale des antivax : ils viennent saper ce qu'est la solidité d'une nation. Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n'est plus un citoyen », lance-t-il.

Des propos qui ont aussitôt fait tanguer l'Assemblée nationale et contraint le président de séance à suspendre les travaux en pleine nuit mercredi en raison du chaos provoqué dans l'hémicycle par ces déclarations. Les députés avaient pourtant repris à peu près dans le calme leurs discussions sur le passe vaccinal, après un vote surprise refusant la poursuite des débats dans la nuit de lundi à mardi.

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Sur d'autres thématiques, le président aura cherché des mots plus consensuels. Il a reconnu, par exemple, « ne pas avoir réussi » sur le glyphosate, admettant avoir commis « l'erreur », en début de quinquennat, d'avoir cru la France capable de sortir de ce désherbant, seule, sans les autres pays de l'Union européenne.

Toujours au sujet de l'UE, dont la France a pris la présidence le 1er janvier, Emmanuel Macron est également revenu sur la polémique suscitée par le déploiement du drapeau de l'Union sous l'Arc de triomphe, à Paris. « Le drapeau européen, j'en suis fier, c'est un symbole de paix », a-t-il dit, estimant que les critiques venues de la droite étaient « disproportionnées et malvenues ».

(Avec agences)

Macron bientôt candidat ?

« J'ai envie ». C'est avec ces mots qu'Emmanuel Macron fait un pas de plus vers une entrée en campagne, en expliquant qu'il n'y a pas de « faux suspense », mais en remettant l'annonce formelle de sa candidature au moment où le pic de l'épidémie sera passé et le temps des « choix personnels » sera venu.

« Plutôt tôt que tard », ajoute-t-il quand même, signe de son impatience d'entrer dans le combat électoral. Et déjà, il évoque ses ambitions comme une esquisse de projet, « restaurer » la force de la Nation et faire face aux défis écologiques, éducatifs, sanitaires... 

Il fait quelques promesses comme celle de ne pas augmenter les impôts tant qu'il sera en fonction. Il réaffirme sa fibre européenne et juge donc la polémique lancée par ses adversaires de droite sur l'installation du drapeau européenne sous l'Arc de triomphe « disproportionnée et mal venue ».

Emmanuel Macron s'exprime sur un ton libre et joue la franchise un peu brute, retrouvant les accents de ses premiers pas en politique. Et quand il évoque la vaccination, il juge donc les antivax « irresponsables », se laissant aller à l'une de ces phrases cash qu'il a un temps affectionnées. « Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder », des mots qui ont suscité immédiatement les protestations de tous ses adversaires à la présidentielle.

Valérie Gas

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