Reportage

France: le passe vaccinal entre en vigueur, le contrôle d’identité loin de faire l’unanimité

En France, il faudra maintenant un schéma vaccinal complet ou un certificat de rétablissement du Covid-19 pour accéder à de nombreux lieux et commerces.
En France, il faudra maintenant un schéma vaccinal complet ou un certificat de rétablissement du Covid-19 pour accéder à de nombreux lieux et commerces. © REUTERS - PASCAL ROSSIGNOL

Ce 24 janvier en France, le passe vaccinal remplace le passe sanitaire et entre en vigueur. Il faudra maintenant un schéma vaccinal complet ou un certificat de rétablissement du Covid-19 pour accéder à de nombreux lieux et commerces. Pour les restaurateurs, une nouveauté : ils pourront, s’ils le souhaitent, vérifier l’identité de leurs clients en cas de doute. Un détail qui ne fait pas l’unanimité. 

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Aux terrasses des restaurants, c’est maintenant le passe vaccinal que l’on réclame à l’entrée. Une mesure qui n’est pas du goût de cette cliente. « Moi, je suis vaccinée, ça ne va pas me ralentir, confie-t-elle au micro de Lise Cloix. Mais je trouve que ce n’est pas leur rôle. Si l’État veut nous mettre des interdictions, qu’il contrôle lui-même ! »

Mais pour ce restaurateur, l’arrivée du passe vaccinal n’est pas révolutionnaire : « Pour nous, ça ne change pas grand-chose en fait. Comme on contrôle tous les clients, que ce soit un passe vaccinal ou le passe sanitaire, ça revient à peu près à la même chose. »

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Ce qui inquiète vraiment ce commerçant, c’est le contrôle des cartes d’identité, qui risque de faire fuir les clients, selon lui. « Déjà, on a une baisse de clientèle énorme avec le télétravail, explique-t-il. Si on demande les pièces d’identité, ça va encore faire baisser notre chiffre d’affaires, qui est déjà très bas. »

Ce qui le rassure, c’est que le contrôle d’identité n’est pas rendu obligatoire par la loi. En revanche, il devra continuer à demander un passe vaccinal à ses clients, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 000 euros.

Rassurer les clients

« Au début, ce passe vaccinal a été mal perçu, comme le passe sanitaire, parce qu’il était question d’un contrôle d’identité, en même temps que la présentation du passe vaccinal, affirme Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants de l'hôtellerie et de la restauration, au micro de Jeanne Richard. Il n’en est rien, le passe vaccinal ne sera pas plus compliqué à saisir que le sanitaire. »

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« La seule demande qui est faite par la loi, c’est qu’en cas de doute quant à la personne qui présente le passe vaccinal, le professionnel a la faculté – c’est une faculté – de demander l’identité de la personne. Si, par exemple, quelqu’un présente un passe vaccinal et que c’est le nom d’une femme et qu’il se trouve que celui qui présente est un homme, là on sera amenés, bien entendu, à demander le contrôle. C’est tout. Nous avons toujours dit : tout ce qui peut être fait pour nous empêcher de fermer, nous l’appliquerons. Il y a eu très peu de difficultés dans la présentation du passe sanitaire, je ne pense pas qu’il y aura plus de difficultés avec le passe vaccinal. »

Des difficultés pour trouver des saisonniers

L'hiver n'est pas encore fini et pourtant le recrutement des saisonniers pour l'été a déjà commencé en France. Mais depuis la fin des confinements, dans l'hôtellerie-restauration les professionnels ont du mal à trouver du personnel. Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants de l'hôtellerie et de la restauration, assure que des efforts sont faits pour répondre aux aspirations des postulants. 

« Les difficultés de recrutement ne sont pas uniquement pour les saisonniers de cet été. Les difficultés de recrutement sont depuis la reprise, donc depuis la réouverture de nos établissements où nous avons du mal à recruter pour tout un tas de raisons. Je crois qu’après le Covid, il y a un certain nombre de salariés qui, aujourd’hui, ont du mal à supporter ou à accepter une vie professionnelle qui contraint leur vie familiale. C’est l’un des aspects. Après, on peut parler de l’attractivité de nos métiers, c’est ce sur quoi nous travaillons. C’est pourquoi nous avons procédé à une revalorisation tout à fait substantielle, une moyenne de 12% de notre grille de salaire. Et puis nous travaillerons maintenant sur les conditions de travail, c’est-à-dire ce qui pourrait être considéré comme une pénibilité par rapport à d’autres métiers. »

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