France / Elections municipales

Elections municipales en France: lourde défaite de la gauche

Des assesseurs dans un bureau de vote à Clermont-Ferrand, ce dimanche 30 mars.
Des assesseurs dans un bureau de vote à Clermont-Ferrand, ce dimanche 30 mars. AFP PHOTO / THIERRY ZOCCOLAN

En France, le second tour des élections municipales de ce dimanche a été marqué par une lourde défaite de la gauche et une abstention de 36,3 %. Si le PS conserve Paris et Lyon, 155 communes de plus de 9 000 habitants ont basculé à droite. Le Front national confirme ses résultats prometteurs du premier tour en remportant au moins onze villes.

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Ce fut une soirée douloureuse pour la gauche. L'UMP redevient le premier parti de France et s'apprête à diriger la majorité des municipalités de plus de 10 000 habitants. La vague bleue annoncée est indéniable et la sanction sévère pour François Hollande, deux ans après son arrivée à l'Élysée. À cet égard, le second tour de ces municipales a bien confirmé les tendances du premier tour.

Dans le détail, la gauche perd Toulouse, la quatrième ville de France, acquise de justesse lors de la vague rose des municipales de 2008. Même scénario à Reims, Caen ou Saint-Étienne. Les socialistes évitent l'humiliation en conservant Strasbourg, Lille Lyon et Paris, avec la victoire d’Anne Hidalgo face à Nathalie Kosciusko-Morizet.

Le Front national confirme sa percée en remportant au moins onze villes. Malgré deux ou trois déconvenues, le FN réussit largement son implantation locale. Un signal de plus adressé au pouvoir socialiste. S’il apparaît désormais certain que François Hollande va remanier le gouvernement, le suspense demeure sur le nom du Premier ministre. Jean-Marc Ayrault va-t-il sauver sa place ? Il n’est en revanche pas question pour François Hollande de changer de politique économique, en dépit du désaveu très net de ces municipales. Il ne restera cependant pas totalement sourd au message adressé par les Français. Une « inflexion » est désormais acquise, avec davantage de justice sociale.

Eléments à retenir

  • Le taux de participation au second tour a été de 63,7 %, soit une abstention de 36,3 %.
  • Au niveau national, selon des résultats provisoires officiels, la droite est arrivée en tête du scrutin avec 45,91 % des voix, contre 40,57 % pour la gauche 6,84 % pour l'extrême droite.
  • Nette défaite de la gauche dans de nombreuses villes : Pau, Reims, Quimper, Saint-Etienne, ou Angers basculent à droite
  • Le FN remporte Béziers et Fréjus, mais échoue à Forbach et Perpignan
  • A Paris, la candidate socialiste Anne Hidalgo l'emporte face à l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet

Emission spéciale municipales françaises 20h-20h30

  • Le Front national remporte au moins onze villes

A Béziers, Robert Ménard, soutenu par le Front national (FN), remporte la mairie avec 46,99 %.

A Fréjus, David Rachline (FN), l'emporte sur Philippe Mougin (UMP-UDI), avec 30,6 %

A Hayange, le candidat FN Fabien Engelmann, un ex-trotskiste et ancien militant de la CGT passé au parti d’extrême-droite, a remporté la mairie de cette commune qui abrite les hauts-fourneaux fermés par le groupe ArcelorMittal. Il a obtenu 34,70 %, face à l’UMP Thierry Rohr et au maire socialiste sortant, Alain Leyder (9,74 %).

Emission spéciale municipales françaises 22h-23h (1ere partie)

Beaucaire, dans le Gard, où Julien Sanchez a enregistré 39,82 %, face à deux listes de droite (qui ont rassemblé 29 et 24,3 %) et une liste de gauche qui a réuni 6,86 %.

Mais à Forbach, Florian Philippot perd son duel avec l'UMP, tout comme Gilbert Collard (FN), battu par le candidat UMP à Saint-Gilles.

  • La gauche perd 155 villes de plus de 9 000 habitants, selon le ministre de l'Intérieur

A Pau, François Bayrou l'emporte ainsi largement avec 62,6 % des voix, un score historique pour cette ville traditionnellement socialiste.

A Belfort, l'UMP Damien Meslot l'emporte face au maire sortant socialiste.

A Quimper, le socialiste Bernard Poignant a également perdu contre l'UMP Ludovic Jolivet, qui l'emporte avec 56,65 % des voix.

Emission spéciale municipales françaises 22h-23h (2e partie)

A Toulouse, quatrième ville de France, le candidat UMP Jean-Luc Moudenc est élu maire face au socialiste Pierre Cohen. Il lui reprend ainsi la mairie que le socialiste avait remportée en mars 2008.

Limoges, socialiste depuis 1912, bascule également à droite.

  • Dans quelques villes, des listes divergentes de gauche l'emportent sur les candidats du Parti socialiste. 

A Dunkerque, Patrice Vergriete (DVG) l'emporte avec 55,53 %, devant Michel Delebarre (PS), maire depuis 25 ans qui a fait 26,27 %, tandis que le candidat FN enregistre 18,20 % des voix.

A La Rochelle, le dissident socialiste Jean-François Fountaine l'emporte également avec 43,68 %, contre la candidate socialiste Anne-laure Jaumouillié (40,10 %).

A Grenoble, l'alliance EELV-Parti de Gauche l'a également emporté sur l'ex-candidat du Parti socialiste au premier tour (soutien retiré en raison d'un non-retrait pour faire barrage au FN) 40,8% des voix. Il était dans une quadrangulaire.

Anne Hidalgo, lors de son arrivée à son quartier général de campagne, le 30 mars 2014.
Anne Hidalgo, lors de son arrivée à son quartier général de campagne, le 30 mars 2014. REUTERS/Benoit Tessier

  • L'exception parisienne

A Paris, les listes conduites par Anne Hidalgo l'emportent.

Dans le XIVe arrondissement, Nathalie Kosciuzco-Morizet s'est inclinée devant la candidate socialiste Carine Petit, qui a obtenu 54,6 % des voix.

Dans le IXe, la droite l'emporte sur les équipes de gauche sortantes. Le Ve arrondissement demeure à droite.

Dans le VIIe, Rachida Dati (UMP) a été réélue.

Répartition des sièges au Conseil de Paris : 92 sièges pour Hidalgo, 71 sièges pour Nathalie Kosciusko-Morizet, 1 siège pour Danielle Simonnet, candidate du Front de gauche.

  • A Marseille, Jean-Claude Gaudin (UMP) grand vainqueur

Jean-Claude Gaudin remporte les municipales dans la cité phocéenne avec 42,4 % des voix. Le FN a progressé entre les deux tours, avec 27,2 % des voix.

  • De nombreuses villes restent également tout de même à gauche

A Lille, Martine Aubry a été largement réélue maire avec 59,06 % sur Lille-Lomme-Hellemmes (22,72 % pour l'UMP et 18,22 % pour le FN).

Frédérique Cuvillier (PS), ministre des Transports, est réélu à Boulogne-sur-Mer, avec 54,79 % des voix.

Metz conserve une majorité de gauche in-extremis, avec 43 % des suffrages. Dans la liste conduite par Dominique Gros, figurait la ministre de la Culture Aurélie Filipetti.

A Lyon, Gérard Collomb (PS), maire sortant, a remporté les élections, pour un troisième mandat consécutif, avec 50,65 % des voix.

A Strasbourg, Roland Ries a été réélu de justesse dimanche par 46,96 %, contre Fabienne Keller.

  • Et même, quelques villes passent de droite à gauche

A Avignon, la ville bascule de droite à gauche, la socialiste Cécile Helle l'emportant devant le candidat Front National, avec 47,2% des voix.

Enfin, le nationaliste Gilles Simeoni a été élu à Bastia, battant le candidat de gauche Jean Zucarelli, mettant fin à la dynastie Zucarelli, qui dirigeait la ville depuis 46 ans.

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