France

A320: différentes hypothèses sur les causes du crash

L'Airbus A320 de la compagnie Germanwings bénéficie d’une réputation de fiabilité.
L'Airbus A320 de la compagnie Germanwings bénéficie d’une réputation de fiabilité. AFP PHOTO / DPA / HENNING KAISER / GERMANY OUT

De multiples hypothèses ont été mises en avant pour essayer d'expliquer le crash de l’A320 de la compagnie Germanwings reliant Barcelone à Düsseldorf et « toutes les hypothèses doivent être regardées », a annoncé ce mercredi matin le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. L’avion qui s’est écrasé dans le sud-est de la France, mardi 24 mars, avait 150 personnes à bord. Avant de s’interroger sur les causes du crash, un point sur le déroulement des événements.

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 ■ Ce que l'on sait du déroulement du drame

L’appareil est parti de Barcelone à 10 h 01 pour Düsseldorf (voir la carte ci-dessus) où il devait atterrir à 11 heures 57 mardi 24 mars. L’avion est monté à son altitude de croisière, soit environ 12 000 mètres, qu’il a atteints en arrivant au-dessus des côtes françaises, à hauteur de Toulon.

A 10 h 32, il commence à perdre de l’altitude, 1 000 mètres par minute. C’est deux fois plus qu’une descente normale pour se poser, mais ce n’est pas une descente d’urgence qui est beaucoup plus rapide. Les contrôleurs aériens de Marseille se rendent compte que ça n’est pas normal. Ils s’inquiètent et lancent certainement des appels aux pilotes qui ne répondent pas. Ils déclenchent donc l’alerte à 10 h 47.

Un avion militaire basé à Orange, un Mirage, assurant la mission de permanence opérationnelle décolle en urgence, en moins de cinq minutes. Il a dû arriver sur place au moment du crash, ce qui ne veut pas forcément dire que le pilote de chasse a assisté directement à la scène.

La descente a duré huit à neuf minutes, en silence. Le signal de détresse « mayday, mayday » n'a jamais été lancé. L’A320 a donc perdu 10 000 mètres, parcouru 130 kilomètres et s’est fracassé sur la montagne à environ 1 500 mètres d’altitude.

 

 ■ « Il y a trois hypothèses », selon Jean-Claude Bück, ancien pilote

Les causes de l'accident sont encore inexpliquées. La boîte noire enregistrant les sons du cockpit est analysée par la BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses) et devrait donner des informations plus précises, bien qu'elle soit endommagée, a précisé le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies. La seconde boîte noire est toujours recherchée.

Mais de nombreuses hypothèses tentent d'expliquer le déroulement de l'accident. Selon Jean-Claude Bück, ancien pilote de ligne et commandant de bord chez Air France, et ancien président de l’Académie de l’air et de l’espace, interrogé sur RFI, trois hypothèses sont envisagées.

 → L'attentat

D'après lui, la moins crédible des hypothèses est celle d'un attentat : « D’une part parce que l’accès au cockpit est sécurisé. Il y a une porte plus ou moins blindée et il faut un code pour y rentrer. Après sous la menace, on peut obliger une hôtesse à composer le code, mais ça suppose une préparation en amont et ça suppose une revendication en aval. Et d'autre part car cet avion là ne semble pas être une cible particulièrement intéressante. »

 → Une panne extraordinaire

Sa deuxième hypothèse est que les pilotes auraient fait face à une panne extraordinaire, « une panne qui les a incités à se mettre en descente et qui les a tellement occupés qu’ils se sont focalisés sur le traitement de cette panne et qu’ils n’ont pas eu le temps d’appeler à l’aide. Et cette panne a peut-être induit une incapacité physique à cause d’un problème de dépressurisation, et ils sont allés jusqu’au sol. »

 → Un pilotage automatique capricieux

Sa dernière explication, c'est que le pilotage automatique qui se serait mis en route et aurait mis l'avion en piqué après une fausse information de défaillance transmise par une sonde. « Dans ce cas-là, les pilotes peuvent faire tout ce qu’ils veulent, ils n’arrivent pas à empêcher l’avion de piquer sauf s’ils font une manœuvre qui n’est pas évidente. Il faut couper les deux calculateurs de bord pour que le pilotage automatique n'ait plus l'autorité ».

Jean-Claude Bück explique que c'est un phénomène très rare et que les pilotes ne sont pas forcément préparés à ce type d'incident : « Les pilotes reçoivent une formation qui est normée, il y a une réglementation européenne pour ça et ensuite ils ont un entraînement périodique. Mais il se trouve que l’entraînement périodique et la formation consistent surtout à faire réciter aux pilotes un certain nombre de procédures. Malheureusement on ne leur apprend pas du tout à faire face à l’imprévu.Les avions sont tellement sûrs qu’on peut passer une carrière entière sans jamais avoir une panne sérieuse. »

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