France

Elections départementales: le Vaucluse, l’espoir déçu du FN

La député FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen, le 29 mars 2015 au QG du parti à Carpentras.
La député FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen, le 29 mars 2015 au QG du parti à Carpentras. AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS

Dans le Vaucluse, le Front national espérait remporter le département, mais il n’obtient que 6 élus sur 34. C’est à Carpentras, terre d’élection de Marion Maréchal-Le Pen, que le parti a établi son quartier général pour la soirée électorale de dimanche. Une soirée à laquelle ont assisté une centaine de militants.

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Malgré la déconvenue, le Front national a réservé une surprise à ses militants en la personne de Jean-Marie Le Pen. Le président d’honneur du parti d’extrême-droite s’offre un rapide bain de foule et en profite pour tacler ses adversaires nationaux. « La coalition électorale de Monsieur Sarkozy, certes arrive devant mais c’est une coalition électorale, l’UMP elle-même arrive derrière le Front national. Et le Parti socialiste est dans les choux, mais ça on s’y attendait », jubile-t-il.

Quelques minutes plus tard, c'est Marion Maréchal-Le Pen qui arrive. Acclamée par les militants, la secrétaire départementale du FN refuse de parler d’échec. « Evidemment que c’est une déception, concède la députée du Vaucluse. A partir du moment où nous étions premiers dans 11 cantons, que nous avions gagné un canton dès le premier tour et qu’en termes de voix, nous sommes le premier parti du département, bien sûr que nous espérions faire mieux. »

Avec seulement 6 élus sur 34 dans le Vaucluse, quelle stratégie abordera le parti pour le troisième tour du scrutin, l’élection du président du département ? Hervé de Lépinau, fraîchement élu dans le canton de Carpentras, lance un message à la droite : « Je mets l’UMP face à ses responsabilités. S’il s’amuse à dealer avec le PS et les communistes, ils seront laminés aux régionales. »

Le conseiller le sait, avec une majorité indécise, son parti est en position d’arbitre. La gauche devance ses adversaires locaux d’une courte tête, mais elle pourrait perdre la présidence du département, elle qui en était à la tête depuis 14 ans.

« Le socle des grandes victoires de demain »

Les résultats du Front national dans le Vaucluse sont représentatifs de la situation du parti au sortir de l’ensemble du scrutin départemental. A l’image d’une formation politique en position de force, mais qui demeure pourtant à l’écart des responsabilités. Car si le parti de Marine Le Pen progresse, place des élus et confirme la tendance au tripartisme qui s’installe en France, il échoue à remporter un département.

Avec Erwan Lestrohan de l'institut BVA

A l'issue de ce second tour, le FN glane 54 sièges qui viennent s'ajouter aux huit remportés dès le premier tour. « Il y a une grosse progression en voix et en pourcentage, mais une absence de résultats en terme de départements », constatait avant la clôture des bureaux de vote un proche de Marine Le Pen.

Face à ce constat, la présidente du Front national, qui s’était astreinte à la prudence tout au long de la campagne, a dimanche soir tenté de masquer sa déception. « Cela n'était pas un de mes objectifs, je savais très bien que la marche était très haute », a-t-elle réagi après l'annonce des résultats. Celle qui revendique le statut de « seul mouvement d'opposition véritable au pouvoir en place » pointait « beaucoup de handicaps : un seul élu sortant, une implantation locale parcellaire, un mode de scrutin » défavorable. Dans ce contexte, elle se félicite de la progression de ses candidats et y voit « le socle des grandes victoires de demain ». Dimanche, Marine Le Pen se risquait déjà à des pronostics en vue des régionales de décembre prochain et jugeait que quatre voire cinq régions pouvaient basculer dans l’escarcelle du FN.

La dirigeante frontiste anticipe sur les régionales de 2015 et la présidentielle de 2017. « Les régionales devraient amplifier le résultat frontiste de ce soir », prévoit Jean-Yves Camus, qui dirige l'Observatoire des radicalités politiques (ORAP) à la Fondation Jean Jaurès. « Les départementales sont le scrutin le plus défavorable au FN depuis que ce parti existe, en raison de la nécessité d'une sorte de notabilité locale, et du mode de scrutin », rappelle-t-il.

Un signal enthousiasmant pour les régionales

Reportage au QG du FN

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