France / Terrorisme

Attentat en Isère: ce qu'on sait du terroriste présumé Yassin Salhi

Une vue générale du site de l'usine à gaz d'Air Products à Saint-Quentin-Fallaviers, près de Lyon, visée par un attentat dont l'auteur serait Yassin Salhi.
Une vue générale du site de l'usine à gaz d'Air Products à Saint-Quentin-Fallaviers, près de Lyon, visée par un attentat dont l'auteur serait Yassin Salhi. REUTERS/Emmanuel Foudrot
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L’auteur présumé de l’attentat qui a fait un mort par décapitation à Saint-Quentin-Fallavier s’appelle Yassin Salhi. Il n’avait pas de casier judiciaire, mais il avait été fiché, dans le passé, par les services de renseignements. Ses voisins le décrivent comme un père de famille sans histoire. Portrait.

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Yassin Salhi, 35 ans, était un homme discret et apparemment sans histoire. L'auteur présumé de l'attentat contre une usine en Isère vivait avec son épouse et ses trois enfants dans un quartier tranquille de Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon. « Leurs enfants jouent avec les miens, ils sont tout à fait normaux et câlins », a confié une voisine à l’AFP. « Il ne parlait à personne. On se disait juste 'bonjour-bonsoir' », a déclaré un autre habitant de l’immeuble où Salhi résidait, ajoutant qu’il ne se distinguait pas par sa tenue, en dehors d’une « petite barbe ». Ses collègues de travail décrivent quelqu'un de calme, voire mystérieux, mais affable. 

Yassin Salhi avait tout de même fait l’objet, en 2006, d’une fiche S, ces fiches sur des personnes soupçonnées de pouvoir ou vouloir porter atteinte à la sécurité d'Etat. Il avait même été surveillé en raison de sa « radicalisation »et ses « liens avec des groupes salafistes ». En 2008, cette surveillance avait été levée. Mais selon le procureur de la République de Paris, François Molins, il a été repéré entre 2011 et 2014 pour « ses liens avec la mouvance salafiste lyonnaise ».  Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve,  a néanmoins précisé qu'il n'avait pas de casier judiciaire.

Quelqu'un de « normal »

Que s'est-il passé ensuite ? Interrogée sur Europe 1, avant d’être interpellée, son épouse a assuré ne pas être au courant de quoi que ce soit, décrivant son mari comme quelqu’un de « normal », et ne voyant « pas l’intérêt ou pourquoi »il aurait commis un tel acte.

On sait, en revanche, qu’il travaillait comme chauffeur livreur pour le chef d’entreprise retrouvé décapité sur le lieu de l’attentat. Sa femme affirme que son mari « est parti ce matin à 7h ».Et c’est effectivement au volant d’une camionnette de l’entreprise qui l’employait qu’il a pénétré dans l’enceinte de site industriel du groupe américain Air Products où a été commis l’attentat. 

Selon le procureur de la République de Paris, Yassin Salhi a d'abord foncé sur des bonbonnes de gaz, provoquant une explosion. Il a ensuite tenté de déclencher une autre explosion, avant l'intervention de deux pompiers, dont l'un d'eux l'a maitrisé.  Les gendarmes ont, par la suite, découvert le corps décapité de son patron, puis sa tête  accrochée au grillage de l’enceinte, entourée de deux drapeaux islamistes, dans une macabre mise en scène. 

Yassin Salhi est né à Pontarlier, près de la frontière suisse, d’un père d’origine algérienne et d’une mère d’origine marocaine. Interrogé par l'AFP, le président de la mosquée de la ville, Nacer Benyahia, évoque « un gamin calme, (...) pas un nerveux », et se dit « très choqué ». Le terroriste présumé a, dit-il, perdu son père lorsqu’il était adolescent. Plus tard, il a quitté Pontarlier pour Besançon, où il s’est installé avec son épouse et ses enfants, avant de s’installer fin 2014 à Saint-Priest.

Avec AFP

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