France

Crise à l'UMP: le clan Copé clôt le débat

François Fillon et Jean-François Copé, le 27 septembre 2012.
François Fillon et Jean-François Copé, le 27 septembre 2012. AFP PHOTO DENIS CHARLET
Texte par : RFI Suivre
8 mn

La situation paraît inextricable à l’UMP. Après l’officialisation du Rassemblement UMP (R-UMP), un groupe parlementaire rassemblant les pro-Fillon au sein du groupe UMP, Jean-François Copé est revenu sur sa proposition d’un référendum pour décider d’un nouveau vote. Depuis chacun campe sur ses positions, malgré l’appel à l’unité de 50 députés non alignés. Revivez les événements de la journée.

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Rappel :

  • La crise à la tête de l'UMP éclate le 18 novembre avec la victoire de Jean-François Copé pour la présidence du parti. Très vite, le clan de François Fillon conteste le résultat en faisant valoir que trois départements d'Outre-mer ont été oubliés dans le décompte des voix. L'ancien Premier ministre menace de saisir la justice et appelle à la médiation d'Alain Juppé. Celui-ci parvient à réunir les deux adversaires dimanche 25 novembre, avant de jeter l'éponge.
     
  • Le lendemain, Nicolas Sarkozy entre en jeu et tente de trouver un terrain d'entente. Il fait savoir qu'il est favorable à un nouveau scrutin. En attendant, François Fillon annonce la création d'un groupe parlementaire au sein de l'UMP, Rassemblement UMP (R-UMP). Mardi en fin d'après-midi, Jean-François Copé propose l'organisation d'un référendum sur l'opportunité d'un nouveau vote, que François Fillon accepte sous certaines conditions.
     
  • Ce mercredi matin, Jean-François Copé déclare finalement que les « conditions ne sont pas réunies » pour la mise en place de ce référendum, après la parution au Journal officiel de la création de R-UMP.
     

15h55 : Michèle Tabarot, proche de Jean-François Copé, considère que les discussions avec le camp Fillon sont terminées.

15h50 : La crise à l'UMP coûte cher aux cotes de popularité de François Fillon et Jean-François Copé, comme le montre le dernier baromètre Sofres-Le Figaro Magazine. S'ils perdent tous les deux 6 points auprès des Français, la chute est plus rude auprès des symathisants UMP. L'ancien Premier ministre passe ainsi de 80 à 70%, et son adversaire de 61 à 44%.

15h02 : La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem demande à Nicolas Sarkozy de faire preuve de réserve sur la crise à l'UMP, en tant que membre du Conseil constitutionnel. « Membre du Conseil constitutionnel, cela signifie en effet être au service des Français sans option politique marquée et donc dans une certaine indépendance », rappelle-t-elle.

Divorce à l'UMP : les forces en présence

Infographie Divorce à l'UMP

14h47 : Dans une lettre aux députés dissidents de R-UMP, Christian Jacob appelle à l'unité. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, et proche de Jean-François Copé, qualifie de « tragédie » une scission du groupe. Il demande par ailleurs l'organisation d'un référendum, géré par une commission paritaire indépendante.

14h16 : François Fillon dit à son groupe de ne pas céder « aux ultimatums chronométrés ». Mais lors d'un point-presse à l'Assemblée, le député Jérôme Chatrier, porte-parole des pro-Fillon, a annoncé que « sur proposition de François Fillon et à l'unanimité des membres du groupe, tous les rattachements financiers seront faits au profit de l'UMP ».

12h50 : Le groupe UMP au Sénat appelle à un nouveau vote.

12h42 : La présidente du Parti chrétien démocrate et ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Christine Boutin s'énerve sur son compte Twitter.

12h24 : Jean-François Copé demande à François Fillon de retirer son groupe Rassemblement UMP avant ce mercredi 15h.

L'initiative vient d'un groupe de 50 députés UMP, dont Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire. Ceux-ci ont signé un appel à l'unité prévoyant le retrait immédiat du groupe dissident formé par François Fillon et fort de 67 députés, et réclamant un référendum sur un nouveau vote.

11h38 : Les proches de Jean-François Copé déclarent qu'il rejette la proposition d'un nouveau vote. « Ca ne marche pas. S'ils veulent aller en justice, qu'ils y aillent », disent-ils.

11h27 : Selon l'entourage de Jean-François Copé, celui-ci ne commentera plus la crise à l'UMP et se concentrera uniquement sur les sujets de fond. Il annonce par ailleurs que les députés fillonistes seront exclus s'ils ne s'affilient pas à l'UMP ce vendredi pour l'attribution de l'aide publique au parti.

De son côté, François Fillon réaffirme que le R-UMP (Rassemblement UMP) réintègrera le groupe UMP à l'Assemblée dès qu'un accord sur un nouveau vote aura été conclu. La proposition d'un référendum ne semble donc plus à l'ordre du jour pour l'ancien Premier ministre.

8h58 : D'après les informations d'Europe 1, François Fillon se rend au Sénat pour y trouver des soutiens à son groupe parlementaire, Rassemblement UMP.

8h40 : Sur France Info, le député-maire du Puy-en-Velay Laurent Wauquiez déclare que « celui qui dit toujours non prend une lourde responsabilité ».

8h30 : Xavier Bertrand en a « marre de ce foutoir ». Lui qui affiche sa position de neutralité réclame une nouvelle élection. « On doit revoter le plus rapidement possible, avec une commission indépendante, avec des personnalités reconnues pour leur autorité », soutient-il.

8h21 : Christian Estrosi, proche de François Fillon, critique la reculade de Jean-François Copé. « Nous avions obtenu une petite avancée de Jean-François Copé. Maintenant, c'est Jean-François Copé qui assume cette responsabilité », dit-il.

Même heure : Invité à réagir à chaud à cette décision sur France Inter, le jeune député UMP de la Marne Arnaud Robinet parle de « gâchis ». « Ras-le-bol, s'exclame-t-il à l'annonce de la décision de Jean-François Copé. Je suis un député dépité ». Il juge qu'en cas de revote, il va falloir d'autres candidats. Il parle de Xavier Bertrand, dont il est proche, ou de François Baroin.

7h50 : Pour Jean François Copé,  « une ligne rouge a été franchie » avec la création par François Fillon d'un groupe autonome à l'Assemblée nationale, dont les statuts ont été publiés tôt ce mercredi matin au Journal Officiel.

« Inacceptable », pour l'actuel président élu de l'UMP, invité d'Europe 1, qui fait de la dissolution de ce groupe dissident un préalable à tout début de négociation pour la possible tenue d'un référendum.

A partir du moment où il y a un groupe parlementaire publié au Journal Officiel, dissident, voilà, chacun comprend ce qu'il faut comprendre

Jean-François Copé

Voilà qui vient sérieusement compromettre la sortie de crise qui semblait se dessiner mardi soir, après l'acceptation par les deux belligérants, et sous pression de Nicolas Sarkozy, d'un référendum pour demander aux militants s'ils souhaitent un nouveau vote.

De son côté, François Fillon a également posé ses conditions, notamment qu'une direction collégiale soit mise en place à la tête de l'UMP. Exigence rejetée par Jean-François Copé, ce qui illustre l'âpreté du bras de fer entre les deux hommes, et qui promet encore de nombreux rebondissements dans la journée. Avec peut-être la possibilité que Nicolas Sarkozy intervienne à nouveau pour tenter de ramener tout le monde à la raison.

 

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