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Le PAM dévoile une nouvelle carte interactive de la faim dans le monde

Un enfant victime de malnutrition au Centre pédiatrique de Bangui, le 4 décembre 2018. Plus de 43 000 enfants de moins de cinq ans devraient être confrontés à un risque extrêmement élevé de décès dû à la malnutrition en 2019, selon l'UNICEF.
Un enfant victime de malnutrition au Centre pédiatrique de Bangui, le 4 décembre 2018. Plus de 43 000 enfants de moins de cinq ans devraient être confrontés à un risque extrêmement élevé de décès dû à la malnutrition en 2019, selon l'UNICEF. FLORENT VERGNES / AFP
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Dépendant de l’ONU, le Programme alimentaire mondial (PAM) vient de lancer une nouvelle version de sa carte interactive de la faim dans le monde qui permet désormais d’accéder à la situation dans chaque pays en temps réel.

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De notre correspondante à New York, 

La carte interactive du Programme alimentaire mondial (PAM) permet en un coup d’oeil de repérer qui, sur la planète, ne reçoit pas assez à manger. Seize pays se trouvent en situation d’urgence, et 990 millions de personnes sont concernées. La carte montre précisément où, dans chaque pays, la situation est la plus préoccupante. Par exemple, si plus de 40% de la population est sous-alimentée dans le sud de l’Éthiopie, la situation est meilleure dans la province qui borde la Somalie.

Sur le tableau de bord, plusieurs indicateurs qui donnent plus de sens à la situation apparaissent comme la malnutrition enfantine, la balance commerciale, la dépendance aux importations ou même l’inflation. Cette carte aide les professionnels de l’aide alimentaire, notamment les ONG, à prendre de meilleures décisions en fonction des situations comme par exemple dans quelle province envoyer de l'aide.

Pour garantir l’instantanéité de la carte, l’équipe du laboratoire de la faim du PAM, installée à Rome, conduit des études quasi quotidiennes par téléphone mais dans seulement cinq pays, à savoir le Yémen, la Syrie, le Cameroun, le Burkina Faso et le nord-est du Niger.

Première collecte pendant l'épidémie d'Ebola

En fonction des pays, 1 000 à 1 500 enquêtes peuvent être enregistrées par mois et permettent d’actualiser la carte au jour le jour. Pour la Corée du Nord, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture de l’ONU et le PAM ont pu interroger des Nord-Coréens en face à face en mai dernier. Les enquêteurs demandent à tout le monde les groupes d’aliments auxquels ils ont eu accès pour déterminer s’ils sont sous-alimentés.

Pour une quarantaine d’autres pays, ils reçoivent des données sur la sous-alimentation automatiquement collectées par sondage sur téléphone portable, rentrées ensuite dans un modèle mathématique d’apprentissage automatique, le « machine learning » : l’ordinateur ne cesse d’améliorer son modèle. Ils ont reçu de l’aide du géant de l’Internet chinois Alibaba pour mettre au point ces algorithmes pendant six mois.

Le Programme alimentaire mondial vient de lancer une nouvelle version de sa carte interactive de la faim dans le monde.
Le Programme alimentaire mondial vient de lancer une nouvelle version de sa carte interactive de la faim dans le monde. PAM/Capture d'écran

Ces enquêtes automatiques et des prédictions permettent de réaliser la carte. Les données hors alimentation, sur les conflits, l’économie ou d'autres sujets, sont agrégées et en libre accès. Cette collecte de données mobiles a été effectuée pour la première fois en 2013, en République démocratique du Congo (RDC), en pleine épidémie d’Ebola, alors qu’il était trop dangereux pour les équipes du PAM de mener les entretiens face à face. Et depuis, c’est devenu un moyen de collecte d’information très courant.

En bêta-test depuis septembre, la carte vient juste d’être officiellement lancée et l’équipe du laboratoire songe déjà à des améliorations. Un filtre montre les catastrophes naturelles ayant un impact direct sur la nutrition mais les programmeurs vont devoir ajouter une icône pour les invasions de criquets qui dévastent des cultures entières dans la Corne de l’Afrique par exemple. Surtout, les ONG leur demandent déjà de pouvoir télécharger directement ces données de la carte à présent qu’elles sont toutes au même endroit.

► À lire aussi : La faim poursuit sa progression dans le monde

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