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Bilan des Objectifs du millénaire pour le développement

Objectif n°6: les succès de la lutte contre le sida et le paludisme

Une malade du Sida hospitalisée au Centre de traitement ambulatoire de Niamey au Niger
Une malade du Sida hospitalisée au Centre de traitement ambulatoire de Niamey au Niger C.Morin-Gibourg
Texte par : Claire Morin-Gibourg
7 mn

En 2000, lors de la définition des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les experts onusiens ne s’attendaient certainement pas à ce que l’OMD 6, consacré à la lutte contre le VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies, remporte d’aussi grands succès. Des progrès rendus possibles grâce à une mobilisation sans précédent.

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10 ans de progrès

Dans la lutte contre le VIH/Sida, l’année 2000 a marqué les esprits. L’année du procès de Pretoria qui permit aux pays du Sud de bénéficier de traitements génériques à moindre coût fut aussi le pic de la prise de conscience de l’ampleur de l’épidémie. L’objectif 6 s’est donné comme cible d’avoir, d’ici à 2015, enrayé la propagation du virus et commencé à inverser la tendance actuelle. Un objectif modeste, sans chiffres à atteindre, qui reflète bien le désarroi de l’époque vis-à-vis de la pandémie.

 

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Aujourd’hui pourtant, l’épidémie semble s’être stabilisée dans la plupart des régions avec une baisse des nouvelles infections et des décès depuis plusieurs années. Grâce à une mobilisation sans précédent, à des décisions politiques majeures, à des mouvements activistes déterminés. Les chiffres du Fonds Mondial sont extrêmement encourageants, 5,2 millions de malades sont aujourd’hui sous traitement. Des progrès qui touchent aussi la lutte contre le paludisme avec 150 millions de moustiquaires distribuées en 2009 (contre seulement 30 millions en 2004) et la prévalence des cas de tuberculoses. Le taux de mortalité de la tuberculose se stabilise ou est en baisse partout dans le monde sauf en Afrique Subsaharienne où l’épidémie de VIH joue un effet très négatif. En 2008, la moitié des malades décédés des suites de la tuberculose, étaient porteurs du VIH.

Un traitement universel stopperait l’épidémie de Sida

Une malade reçoit un traitement antipaludique en perfusion.
Une malade reçoit un traitement antipaludique en perfusion. AMI

Des progrès relativisés par Khalil Elouardighi, de la Coalition Plus. « Bien sûr que c’est probablement l’OMD qui a le plus progressé mais nous partions de zéro ! La deuxième cible qui visait à assurer un accès aux traitements à tous ceux qui en ont besoin d’ici 2010 n’a pas été atteinte, et de loin. » Et de souligner l’importance fondamentale de la reconstitution du Fonds Mondial en octobre prochain pour 2011-2013. « C’est capital pour que tous les malades puissent bénéficier d’un traitement. Il y a un an, une étude de l’OMS a montré que si tous les patients pouvaient être traités, le virus cesserait d’être infectieux et l’épidémie s’arrêterait d’elle-même, s’enthousiasme-t-il. L’argent ne fait pas tout mais permet des vitesses élevées de prise en charge de malades. Et ça entraine tout le reste. » Notamment la reconstruction des systèmes de santé mis a mal par les injonctions du FMI ou de la Banque Mondiale. « Quand un pays est sommé de réduire ses dépenses publiques, c’est le plus souvent au détriment des secteurs de l’éducation et de la santé. Les conséquences à long terme peuvent être désastreuses. »

 

Le Dr Hani Fares, de l’ONG Aide Médicale Internationale (AMI) pointe la situation alarmante des cas de paludisme avec 250 millions de cas recensés et près d’un million de décès liés à cette maladie. Les populations touchées sont les plus vulnérables, les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants de moins de 5 ans, dont 90% en Afrique. « Nos programmes de santé essayent de cibler ces populations en RDC, en République Centrafricaine. Nous multiplions les consultations prénatales, la distribution de moustiquaires aux femmes enceintes par exemple. Les résistances développées par les moustiques nous inquiètent beaucoup. » Le Dr Fares rentre de la région de Sind dans le sud du Pakistan, suite aux inondations catastrophiques qui ont ravagé la région, pour une mission d’évaluation. Outre l’explosion des cas de diarrhée, d’infections de la peau et des voies respiratoires, on compte déjà plus de 19 000 cas de paludisme.

Michel Kazatchkine
Michel Kazatchkine DR

2 questions à Michel Kazatchkine, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Quel bilan tirez-vous à quelques jours du sommet de l’ONU à New-York ?
Il y a 10 ans, la situation paraissait inextricable pour beaucoup. Le traitement coutait 10 000$ par patient et par an et l’Afrique manquait de tout : infrastructures, médecins… Sans oublier que certains affirmaient que les malades africains seraient incapables de bien prendre leurs traitements sans montre ! Aujourd’hui des études tendent à montrer que c’est plutôt l’inverse, en comparaison, les cohortes du sud prennent mieux leurs médicaments que celles du nord. Aujourd’hui, pour la première fois, l’épidémie est en régression chez les jeunes en Afrique. La distribution de moustiquaires a fait ses preuves dans la lutte contre le paludisme et l’ensemble de la population exposée devrait en bénéficier dès 2012 – 2013. 

Quelles sont vos principales inquiétudes ?
Le Sida continue d’atteindre les populations marginalisées comme les travailleurs du sexe, les homosexuels, les usagers de drogue… L’épidémie continue de galoper en Europe de l’Est et en Asie Centrale. Nous avons fait trop peu de progrès sur des questions sociales fondamentales comme la stigmatisation par exemple. Quant aux questions de financement du Fonds, le contexte économique et financier est tendu, mais sans augmentation de financement, il nous sera impossible de continuer au même rythme.

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