Inde

Cachemire : l'armée au secours des victimes des inondations

Touristes et civils descendent d'un hélicoptère Mi-17 Indian Air Force, secourus par l’armée indienne après les inondations à Srinagar, principale ville du Cachemire indien, le 11 septembre, 2014.
Touristes et civils descendent d'un hélicoptère Mi-17 Indian Air Force, secourus par l’armée indienne après les inondations à Srinagar, principale ville du Cachemire indien, le 11 septembre, 2014. AFP/Tauseef Mustafa

La région du Cachemire connaît depuis une semaine ses pires inondations depuis soixante ans, touchant autant la partie pakistanaise que la partie indienne. Le bilan provisoire est déjà de 500 morts et des milliers de sinistrés déplacés. En Inde, les opérations de secours sont gigantesques, menées principalement par l'armée.

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Avec notre correspondant à New Delhi, 

Quelques chiffres dévoilent l'ampleur de cette catastrophe naturelle : entre le 27 août et le 3 septembre, cette région du Cachemire a reçu jusqu'à neuf fois plus de pluies que la normale. La capitale, Srinagar, célèbre pour ses beaux lacs aux pieds des montagnes, a vu tomber quatre fois plus de précipitations que d'habitude, et elle est en grande partie submergée depuis près d'une semaine.

Les images aériennes montrent à peine quelques toits et des arbres dépassant de la surface des eaux marron. Le niveau commence à peine à baisser, mais environ 400 000 personnes seraient toujours bloquées, survivant avec très peu de nourriture ou d'eau.

Les opérations de sauvetage assurées par l'armée

Pour secourir ces populations sinistrées, l'armée indienne a en effet déployé une gigantesque opération, grâce à une soixantaine d'hélicoptères et 170 bateaux qui ont permis d'évacuer environ 50 000 personnes, mais aussi de distribuer des vivres et des médicaments depuis les airs en attendant. Environ 100 000 soldats sont impliqués et reconvertis en secouristes, infirmiers ou constructeurs de ponts de fortune.

Une image bienvenue pour ces hommes en treillis : le Cachemire est en effet l'une des zones les plus militarisées au monde, où l'armée combat difficilement, depuis vingt-cinq ans, une insurrection de séparatistes cachées parmi la population. Cette région du Jammu et Cachemire est ainsi soumise à un statut spécial : seulement une partie des lois votées à New Delhi s'y appliquent, et surtout ces militaires sont protégés contre toute poursuite en cas de bavures. Ceci alors que les cas de torture, meurtres ou disparitions de suspects arrêtés étaient courants il y a encore quelques années. Au sein de la population, le ressentiment envers cette armée est donc très grand.

L'armée à la conquête du cœur des habitants ?

A court terme, ce nouveau rôle humanitaire pourrait aider l'armée à conquérir le cœur de ces populations. En 2010, un sondage mené auprès de 3 000 habitants de la région révélait que 43 % d'entre eux étaient favorables à une indépendance du Cachemire et à la constitution d'un nouvel Etat intégrant la partie pakistanaise. Aujourd'hui, l'aide vitale des militaires indiens a certainement atténué cette fièvre séparatiste. Mais un humanitaire révélait qu'il y a vingt ans, l'armée était déjà venue au secours des Cachemiris dans des conditions similaires, et que cela a été vite oublié. Le parti nationaliste hindou au pouvoir à New Delhi, lui, pourrait toutefois être récompensé de ce déploiement de forces, lors des élections régionales qui sont prévues dans deux mois.

En image : Les inondations au Cachemire

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