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Sénégal / Justice

Procès Karim Wade : le cas Bibo Bourgi

Le procès de Karim Wade a repris, devant la Cour de repression de l'enrichissement illicite, qui s'est déclarée compétente pour juger l'ancien ministre.
Le procès de Karim Wade a repris, devant la Cour de repression de l'enrichissement illicite, qui s'est déclarée compétente pour juger l'ancien ministre. AFP/SEYLLOU
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Appels sur l’actualité fait le point sur le procès Karim Wade. Le fils de l’ancien président du Sénégal refuse de répondre aux questions du président de la Cour de répression de l'enrichissement illicite, au motif que son complice présumé, Bibo Bourgi, n’est pas en mesure de comparaître. Et son état de santé est omniprésent dans les débats. Hospitalisé à la clinique du Cap avec de graves problèmes cardiaques, il est arrivé en fauteuil roulant et reparti sur une civière. Les avocats de la défense ont demandé le renvoi du procès, le temps de son rétablissement : une demande rejetée le lendemain par la CREI. Depuis, ses avocats dénoncent un procès politique à marche forcée. Explications.

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Ibrahim Abou Khalil, surnommé Bibo Bourgi, occupe une place centrale dans le procès Karim Wade mais il est malade. La Cour de répression de l'enrichissement illicite a rejeté le renvoi du procès demandé par les avocats de la défense… En quelques mots, rappelez-nous qui est Bibo Bourgi ?
Bibo Bourgi est un riche homme d’affaires libano-sénégalais. Il a également la nationalité française. On le présente comme l’ami de Karim Wade… C’est lui qui détient par exemple les sociétés incriminées, comme la société de services aéroportuaire AHS ou bien les comptes en banque trouvés à Monaco. Sur la trentaine de comptes visés par l’accusation, un seul est au nom de Karim Wade. Ce dernier a d’ailleurs affirmé à la barre que Bibo Bourgi revendiquait  90 % des biens qui lui sont attribués. Pour l’accusation, Bibo Bourgi est donc le principal complice de Karim Wade… Son principal « prête-nom ». Et tout le travail de l’accusation, lors de ce procès, c’est de tenter de faire le lien entre les deux hommes, de tenter de prouver que c’est Karim Wade qui détient en sous-main les sociétés et les comptes attribués à l’homme d’affaire.

On a vu Bibo Bourgi se présenter à la Cour en chaise roulante avec ses perfusions. Il est sorti sur une civière. De quoi souffre-t-il et pourquoi la CREI a-t-elle rejeté la demande de renvoi du procès le temps qu’il se fasse soigner, une demande formulée par ses avocats ?
Bibo Bourgi souffre d'une lourde pathologie cardiaque, récemment aggravée par des complications rénales et par une infection nosocomiale contractée fin juin dans un hôpital dakarois… Une infection grave qui nécessite, selon ses médecins, son évacuation sanitaire urgente vers la France. Des expertises médicales ont, elles aussi, préconisé son évacuation. Mais la Cour ne l’entend pas de cette oreille. Elle qui a critiqué le rapport d’expertise qu’elle avait elle-même demandé, affirmant que le médecin n’avait même pas rencontré Bibo Bourgi… Pour la CREI, Bibo Bourgi peut être soigné à Dakar et le président de la CREI a déclaré en audience que s’il lui fallait un médicament, on pouvait le faire venir de France. Il a même ajouté : « La Cour prend ses responsabilités. On peut nous traiter d’assassins, nous assumons ». D’ailleurs, El Hadj Diouf, l’un des avocats de l’Etat, affirme pour sa part que Bibo Bourgi ne cherche qu’à se soustraire à la justice, que sa présence est la clé de voute de ce procès, qu’elle est donc impérative et que le reste n’est que du cinéma.

Que disent les avocats de Bibo Bourgi ?
Les avocats de Bibo Bourgi se disent choqués. D’abord, sur le plan du bon sens, sur le plan humain : selon eux, l’homme n’est pas état de répondre à de longues heures d’audition avec interrogatoires et contre-interrogatoires. « Certes, il est dispensé d’assister aux audiences mais comment voulez-vous qu’il puisse se défendre s’il n’entend même pas ses co-prévenus témoigner ?, s’insurge l’un de ses défenseurs. Depuis le début de ce procès, il n’est pas un jour sans que son nom soit cité, et lui reste cloué sur son lit d’hôpital ». Les avocats dénoncent « un procès à marche forcée ». Sachez encore que vendredi dernier, la Cour s’est transportée à la clinique du Cap où il est hospitalisé. Selon M° Cissé, un de ses avocats, l’audition n’a pas pu avoir lieu car Bibo Bourgi n’était pas en état de répondre aux questions des juges. Les avocats ont donc déposé une nouvelle demande pour que la Cour autorise son évacuation vers la France.

 

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