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Pérou/Enfance

Pérou: la «rébellion des balais» contre les enfants domestiques

Au Pérou, 110 000 enfants sont des domestiques.
Au Pérou, 110 000 enfants sont des domestiques. DR
3 mn

Au Pérou, plus de 110 000 mineurs travaillent comme domestiques, principalement à Lima et dans les grandes villes de la côte. Seul le Brésil fait pire en Amérique latine. Pour lutter contre ce fléau, une campagne vient d’être lancée dans ce pays andin.

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Le nom de cette campagne est provocateur : « La rébellion des balais ». Elle est organisée par l’ONG hollandaise Terre des hommes et par l’Organisation internationale du travail en l’honneur des 25 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant. De nombreuses personnalités locales ont été mobilisées, des sportifs, des acteurs, pour sensibiliser la population péruvienne aux conséquences néfastes du travail domestique exercé par les mineurs. Le slogan de cette campagne est : « Chez moi, il n’y a pas d’enfant qui travaille ».

De nombreux risques menacent ces enfants

Ces enfants domestiques sont avant tout menacés par des problèmes d’éducation. Le taux de désertion scolaire est très élevé : 62 % des enfants de 14 à 17 ans qui travaillent comme employés domestiques ont un retard scolaire de deux à quatre ans. Les enfants sont souvent soumis à des horaires de travail abusifs de dix, douze et jusqu’à seize heures par jour. Il est difficile d’étudier dans ces conditions, et encore moins de jouer ou de se faire des amis. Autre problème, les deux tiers des enfants domestiques sont des migrants qui arrivent des bidonvilles de Lima ou de régions andines très pauvres comme Huancavelica ou Cajamarca. La plupart du temps, ils logent chez leurs employeurs, ce qui augmente les risques d’abus, notamment sexuels.

Un enfant sur quatre travaille

Au Pérou, 110 000 enfants sont des domestiques. C’est énorme. Mais ce n’est qu’une petite portion des enfants qui travaillent. Il y a un peu plus de 7 millions d’enfants et d’adolescents au Pérou, et un sur quatre travaille. Cela fait environ 1 700 000 jeunes qui sont employés notamment dans les mines illégales, les travaux des champs, et, donc, les travaux domestiques. Dans ce dernier cas, il y a un aspect encore plus préoccupant, celui des enfants qui travaillent très jeunes, c’est-à-dire entre 6 et 11 ans. Ils sont environ 30 000 et c’est évidemment illégal puisque l’âge minimum pour travailler au Pérou est de 14 ans avec quelques exceptions acceptées pour que des enfants travaillent dès 12 ans.

Les chiffres baissent peu à peu, mais très lentement. Dans le cas des travaux domestiques, ils ont même tendance à augmenter. Curieusement, les experts locaux l’expliquent par cette décennie de croissance sans interruption au Pérou. Même si les inégalités sont encore fortes, des familles sont sorties de la pauvreté, des femmes ont trouvé du travail et ce sont souvent ces personnes qui sortent de la crise qui cherchent des employés de maison pas chers, donc des enfants.

Pourtant, la conjoncture internationale semble favorable pour que le message passe. Ce problème du travail des enfants a été évoqué à l’occasion de la Journée internationale des jeunes filles. Il y a eu tout récemment le Prix Nobel de la paix pour Kailash Satyarthi, cet avocat qui milite pour les droits des enfants. Une preuve que cette réalité du travail des enfants est de moins en moins perçue comme étant normale, même si les mentalités évoluent encore trop lentement.

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