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Roumanie / Etats-Unis / Energies

Gaz de schiste: l'Américain Chevron jette l’éponge en Roumanie

En décembre 2013, des manifestations musclées de villageois contre Chevron avaient eu lieu à Pungesti (à 340 kilomètres au nord-est de Bucarest).
En décembre 2013, des manifestations musclées de villageois contre Chevron avaient eu lieu à Pungesti (à 340 kilomètres au nord-est de Bucarest). Reuters/Bogdan Cristel
Texte par : Luca Niculescu
3 mn

Après la Pologne, l’Ukraine ou encore la Lituanie, le groupe pétrolier Chevron vient d’annoncer l’abandon de sa prospection de gaz de schiste en Roumanie. Un pays de l’Est de l’Europe qui voudrait bien s’affranchir du gaz russe.

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De notre correspondant à Bucarest

Pourquoi le groupe pétrolier Chevron abandonne-t-il la prospection de gaz de schiste en Roumanie ?La première raison est la plus évidente : l’eldorado promis n’existe pas. Il y a trois ans, Chevron annonçait qu’il avait probablement découvert des réserves fantastiques de gaz de schiste en Roumanie, représentant entre vingt et trente ans de la consommation de ce pays. Depuis, il s’est rendu compte que cette estimation était hasardeuse : soit les gisements fabuleux n’existent pas, soit ils s’avèrent très onéreux à exploiter.

Deuxième raison invoquée par Chevron pour expliquer son retrait, la chute dramatique du prix du baril de pétrole. Les profits du géant américain ont baissé d’environ 30 % en 2014, ce qui oblige cette compagnie, comme nombre d’autres groupes pétroliers, à réduire son budget d’investissements et d’exploitation.

Ce retrait provoque la joie des militants anti-gaz de schiste qui s’étaient beaucoup mobilisés contre cette exploitation. De nombreuses manifestations ont eu lieu lorsque, voici deux ans, Chevron a commencé l’exploration des sites dans le nord du pays. Quels arguments avançaient-ils ? Comme ailleurs, les militants craignaient que la méthode d’extraction présente un risque important de pollution des nappes phréatiques.

Du gaz naturel classique dans la mer Noire

Autre crainte, plus locale : la peur des tremblements de terre. Selon certains scientifiques, la fracturation hydraulique peut générer des séismes. Et la Roumanie, qui a connu plusieurs tremblements de terre dévastateurs, vit dans la psychose que ceux-ci recommencent.

Par ailleurs, la Roumanie a découvert du gaz naturel classique dans la mer Noire - un gaz qui devrait être exploité avec Exxon, un autre groupe pétrolier américain. Toutefois, il pourrait aussi y avoir des problèmes avec l’exploitation des réserves de gaz de cette parcelle. La zone où elle se trouve a fait l’objet en 2009 d’une lutte entre la Roumanie et l’Ukraine. Et c’est au terme d’une longue procédure que la Cour internationale de justice a jugé qu’elle appartenait à la Roumanie.

Aujourd’hui, la géographie a changé suite à l’annexion de la Crimée par la Russie. Selon de nombreux observateurs, il est possible que les Russes essaient d’empêcher son exploitation en invoquant différents prétextes. Or, la Roumanie compte sur ces réserves pour obtenir son indépendance énergétique et ainsi s’affranchir du gaz russe.

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