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Du côté de chez Juan

L'accord de paix signé au Mali en question

Le ministre des Affaires étrangères malien, Abdoulaye Diop, lors de la signature de l'accord de paix à Bamako.
Le ministre des Affaires étrangères malien, Abdoulaye Diop, lors de la signature de l'accord de paix à Bamako. AFP PHOTO / HABIBOU KOUYATE

Appels sur l’actualité revient sur l’accord de paix signé au Mali sans les principaux groupes rebelles. Le gouvernement malien, des mouvements armés et la médiation internationale ont en effet signé vendredi 16 mai à Bamako l’accord de paix conclu à Alger, en l’absence des principaux groupes de la rébellion à dominante touarègue, qui ont dénoncé une « signature unilatérale », devant un parterre de dirigeants africains.

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Pourquoi le MNLA a paraphé l’accord mais ne l’a pas signé ?

Le MNLA, comme deux autres mouvements qui composent la coordination des mouvements de l’Azawad, le MAA et le HCUA (Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad ), exigent denouvelles discussions. Ces groupes ont paraphé le texte pour montrer leur bonne volonté, le 14 mai à Alger, mais il n'était pas question pour eux de signer le 15, à Bamako, tant que leurs préoccupations ne sont pas débattues avec le gouvernement malien.

La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) a pointé 14 points de l’accord de paix qu’elle souhaite revoir : les rebelles demandent toujours que l’Azawad, qui est mentionnée dans le texte comme zone géographique, ait un véritable statut politique et économique. Ils exigent une meilleure représentation dans les forces armées qui sont basées au nord, ils veulent aussi rediscuter de la création d’une assemblée pour les régions du Nord.

Les autres parties qui ont signé avaient aussi des réserves, mais celles-ci ont été consignées en annexe. Le MNLA et les autres qui n’ont pas signé ne veulent pas se contenter de réserves, ils demandent des garanties avant de signer, et des discussions directes avec le gouvernement malien.

La médiation ne cesse d’expliquer que le débat va se poursuivre pendant des mois, sûrement dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord, mais qu’il n’est pas question de changer le texte du document qui a été signé.

Comment ont réagi la France et les Nations unies sur l’absence de signature de la part des trois principaux groupes de la CMA ?

Il n’y a pas eu de réaction à proprement parler, si ce n’est le regret que tous les groupes n’aient pas signé et qu’ils ne figurent pas sur la photo de famille. Les médiateurs et la communauté internationale étaient préparés à ce que ces groupes ne signent pas, et cela n’a donc pas été une surprise. Comme ils l’ont fait avant la cérémonie de signature du 15 , les voisins du Mali, l’Union européenne, par la voix de Federica Mogherini, la France les Nations unies par un message de Ban Ki-moon, ont lancé un nouvel appel aux groupes à signer dès que possible.

Ceux qui n’ont pas signé risquent-ils des sanctions ?

Ban Ki-moon a été clair, le dialogue doit continuer avec les groupes qui n’ont pas signé le 15 mai à Bamako. La possibilité qu’ils signent l’accord de paix à une date ultérieure doit rester ouverte. Une position qui montre qu’il n’est pas question d’appliquer demain des sanctions. Mais jusqu’à quand les médiateurs vont-ils attendre qu’ils signent ? Aucun délai n’aurait été fixé à pour l’instant.

En revanche, la question de sanction a été évoquée ces derniers jours pour ceux qui ne respecteraient pas le cessez-le-feu. Depuis plusieurs semaines, la tension est montée d’un cran dans plusieurs régions du Mali, avec des attaques qui se sont multipliées. Les Nations unies et la France ont brandi la menace de sanction individuelle non pas à l’encontre de ceux qui n’ont pas signé, mais précisément contre ceux qui ne respectent pas le cessez- le feu. Par « sanction », on entend des interdictions de voyager ou le gel d’avoirs. Mais on en reste au stade de la menace pour l’instant.

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