Marchés financiers

Chine: quand les boursicoteurs jouent sur les marchés comme au casino

Shanghai. Devant le tableau du 16 juin, un homme assiste à la chute de la Bourse, au plus bas niveau depuis trois semaines.
Shanghai. Devant le tableau du 16 juin, un homme assiste à la chute de la Bourse, au plus bas niveau depuis trois semaines. Reuters
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le sujet qui passionne les Chinois en ce moment, c’est la chute de la Bourse de Chine, qui enregistrait depuis sept mois les scores à la hausse les plus élevés de la planète.

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Avec notre correspondante à Pékin, Caroline Puel

La semaine dernière fut la pire semaine boursière depuis le début de la crise en 2008. La Bourse de Chine, qui enregistrait depuis sept mois les scores à la hausse les plus élevés de la planète, a subi une chute très importante jeudi et vendredi derniers, 18 et 19 juin. Ce lundi 22 juin, férié en raison de la fête traditionnelle des bateaux dragons, les places boursières sont restées fermées et les supputations allaient bon train pour savoir si le lendemain, à la réouverture du marché, la baisse des indices se confirmerait ou s’il ne s’agissait que d’un ajustement. Finalement, après une stabilisation et une injection par la banque centrale de plus de 35 milliards de yuans jeudi 25 juin (5,7 milliards de dollars US), la bourse de Shanghai a tout de même clôturé en baisse de 3 points.

Le pic du 12 juin

Quelques chiffres pour avoir un ordre d’idée de la taille de ce marché : depuis la baisse des taux d’intérêts qui avait créé cette nouvelle vague d’engouement pour la Bourse, en novembre dernier, le marché chinois a été multiplié par deux sur les places boursières de Shanghai et de Shenzhen. Les titres de certaines sociétés ont augmenté jusqu’à 300 fois. L’ensemble du marché a atteint, lors du pic du 12 juin, le montant global de 66 000 milliards de yuans, soit environ 10 000 milliards d’euros, ce qui signifie que la taille du marché boursier chinois est à présent supérieure au produit intérieur brut (PIB) de toute la Chine.

On comprend bien qu’un tel développement ne soit pas durable et la bourse a déjà décroché de plus de 10% la semaine dernière. Il y a donc, depuis le 19 juin, un début d’affolement sur les réseaux sociaux et beaucoup d’expectative pour la journée de mardi.

Parmi les spécialistes, personne ne sait trop, à ce stade, s’il s’agit d’une correction naturelle du marché ou au contraire d’une évolution plus durable en raison notamment d’un assèchement des liquidités lié au nombre très important d’entrées en bourse de nouvelles entreprises ces derniers mois. On attend également les résultats des entreprises pour la première moitié de l’année et la Banque centrale essaye de transformer ces sommes colossales placées à court terme sur le marché en investissements à plus long terme.

Une chose est sûre, les autorités chinoises suivent de très près les commentaires sur la Toile et devraient censurer tous les messages qui pourraient créer la panique, car si la bonne santé de la Bourse, ces derniers mois, a permis d’enregistrer un million supplémentaire de milliardaires chinois, elle a permis également en créant une frénésie semblable à celle du jeu, de masquer le ralentissement de l’économie chinoise et donc les inquiétudes.

Il faut préciser que la croissance chinoise reste, en dépit du ralentissement, à des taux variant de 5% à 7% selon les régions et les secteurs. Mais on voit également apparaître sur la Toile les messages explicatifs, certainement commandités par les autorités monétaires qui rappellent aux boursicoteurs que les marchés financiers présentent les mêmes risques que le casino. Ils ne se contentent pas de monter et peuvent connaître parfois des ajustements sévères… 

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