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Terrorisme

Attentat de Ouagadougou: hommage aux victimes

Vue de la façade du restaurant Capuccino à Ouagadougou, le 18 janvier 2016, après l’attentat terroriste qui a visé aussi le Splendid Hôtel.
Vue de la façade du restaurant Capuccino à Ouagadougou, le 18 janvier 2016, après l’attentat terroriste qui a visé aussi le Splendid Hôtel. REUTERS/Joe Penney

Trente personnes ont été tuées lors des attaques menées le 15 janvier contre le Splendid Hôtel et le café Cappucino à Ouagadougou. Parmi elles, 22 étrangers - dont 2 familles décimées - et 8 ressortissants burkinabè. Le monde de l’art pleure la disparition de Leïla Alaoui, photographe franco-marocaine de 33 ans envoyée au Burkina Faso par Amnesty International, qui a succombé à ses blessures le 18 janvier. Portraits croisés de ces femmes et de ces hommes fauchés par le terrorisme. 

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Une semaine après les attentats qui ont ensanglanté Ouagadougou, l’identité des victimes commence à être connue. Parmi elles figurent 8 ressortissants du Burkina Faso, dont Mahamadi Ouédraogo, 42 ans, chauffeur employé par Amnesty International, Armel Kinané Simplice, un pompier fauché par des tirs croisés, Jacqueline Lankoandé, 40 ans, ingénieure électricienne, Ahmed Kéré, 32 ans, traducteur et Jean-Pascal Kinda, 71 ans, ancien président du Comité national olympique et sportif du Burkina Faso (CNOSBF).

Pour la plupart, ils ont péri à la terrasse du café Capuccino, situé face au  Splendid Hôtel. Au moins 19 morts sont à déplorer sur ce seul site, criblés de balles par les islamistes armés d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le groupe qui a revendiqué l’attentat.

Deux familles et nombre de bénévoles tués

Victoria Santomenna Vankobska, franco-ukrainienne, l’épouse du propriétaire du café Capuccino, a été tuée avec son fils de 9 ans Micha et sa sœur Yana. Les terroristes d’Aqmi ont aussi fauché la famille québécoise d’Yves Carrier, 65 ans, enseignant et travailleur bénévole pour un projet d’école et d’orphelinat mené par le Centre amitié de solidarité internationale de la région des Appalaches (Casira), à la terrasse du Capuccino. Sa fille Maude, 37 ans, enseignante, a été tuée, ainsi que son épouse Gladys Chamberland, conseillère en communication au ministère des Ressources naturelles du Québec, et leur fils Charles-Elie, 21 ans, étudiant. Des hommages ont été rendus devant leur domicile au Canada. Deux amis d’Yves Carrier, Louis Chabot et Suzanne Bernier, eux aussi enseignants québecois, avaient travaillé avec lui au projet humanitaire de Casira pendant trois semaines, avant de trouver la mort. 

Michael James Riddering, un Américain de 45 ans installé depuis 2011 au Burkina Faso pour exercer un travail bénévole dans un orphelinat à Yako, au nord du pays, fait partie des victimes. Il était venu à Ouagadougou à la rencontre d’un groupe de missionnaires américains, en compagnie d’un pasteur burkinabè qui a survécu à l’attentat.

Arie Houweling, un Néerlandais de 67 ans, consultant bénévole de la fondation PUM Netherlands Senior, et deux membres du parti socialiste du canton suisse du Valais, Jean-Noël Rey, 66 ans, et Georgie Lamon, 82 ans, venus pour l’inauguration d’une école, ont été fauchés.

Parmi les victimes figurent aussi trois employés de la société française de transports Scales, tous pères de famille. Envoyés au Burkina pour travailler sur un projet de centrale électrique, ils ont été tués sur la même terrasse de café : Eddie Touati, 54 ans, responsable d’équipe, Arnaud Cazier, 41 ans et leur collègue Portugais Antonio De Oliveira Basto, 52 ans, résident français.
 
Leïla Alaoui, photographe franco-marocaine
 
Jeune femme de talent, Leïla Alaoui, photographe franco-marocaine de 33 ans, se trouvait également à la terrasse du Capuccino le 15 janvier. Envoyée par Amnesty International pour faire un reportage sur les droits des femmes au Burkina Faso, elle a été touchée par plusieurs balles, au bras, au thorax et à la jambe, puis transportée et opérée dans une clinique privée de Ouagadougou. Une crise cardiaque post-opératoire l’a emportée le 18 janvier. Elle a été inhumée le 20 janvier au Maroc, son rapatriement ayant été organisé par Rabat.

Leïla Alaoui, née à Paris, vivait entre Marrakech et Beyrouth, au Liban. Son exposition « Les Marocains » venait de s’achever à la Maison européenne de la photographie (MEP) à Paris, avec des portraits grandeur nature de Marocains en costumes traditionnels. Alors que le monde de l’art pleure la disparition de cette « correspondante de paix », selon les mots de Jack Lang, l’attitude des autorités françaises lors de son hospitalisation fait toutefois polémique. Un rapport sur les circonstances de son décès a été demandé à l’inspection générale du ministère français des Affaires étrangères, après les protestations du frère de Leïla Alaoui. Ce dernier a en effet signalé que le consul de France ne s'est manifesté au chevet de la photographe, détentrice de la nationalité française, que le lundi 18, et que seules les autorités marocaines étaient présentes à l'aéroport de Ouagadougou pour l'accueillir et le soutenir lui-même à son arrivée.  

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