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Nigeria

[Reportage] Nigeria: l'espoir d'une vie meilleure à Maiduguri

Zone d'activité de Maiduguri.
Zone d'activité de Maiduguri. RFI/Moïse Gomis
5 mn

Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, a été libérée des mains de la branche ouest-africaine du groupe Etat islamique l’ex-Boko Haram, il y a un an par l’armée nigériane. Les commerces reprennent, les habitants revivent, la vie reprend petit à petit. Reportage.

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Sunday Nwobo n'est plus angoissé quand il ouvre sa boutique de pièces détachées pour automobiles, situé au centre de Maiduguri. La sécurité a beau être de retour, les clients se font rares. Néanmoins, président d'une association de commerçant, Sunday apprécie : « Quelques années en arrière, c'était trop dur d'ouvrir complètement nos boutiques comme maintenant. Parce qu'avant même de vous en rendre compte, vous auriez entendu des coups de feu ici et là. Et tout le monde se serait enfui. »

Dans cette zone d'activité, la majorité des marchands comme Sunday sont chrétiens et originaires du sud du Nigeria. Ils ont connu les années de plomb. Maintenant tous n'aspirent qu'à une chose : se refaire une clientèle comme avant l'insurrection islamiste.

De l'autre côté de la ville, une dizaine de civils volontaires de défense ont terminé leur tour de garde, entre 21h00 la veille au soir jusqu'au matin 6h00. Les paupières sont lourdes. La fin du couvre-feu est largement dépassée. Ces jeunes hommes sont restés en poste pour recevoir la visite de leur coordinateur Alhaji Baba Bubakar. Agé d'une trentaine d'années, ce grand gaillard musclé, a sous sa coupe 324 femmes et hommes, répartis dans 10 zones de Maiduguri. Ces volontaires sont reconnaissables à leur tee-shirt et casquette de couleur, griffés du sigle YVG pour « Youth Vigilantee Group ».

Alhaji revient sur son engagement : « Il y a trois ans, c'était intenable pour nous les jeunes hommes. Nous étions ciblés par les Boko Haram. Et de l'autre côté, après certains raids de Boko Haram, certains militaires nigérians tiraient sans distinction sur des jeunes. C'était à devenir fou ! » Nous sommes en 2013. A l'époque, la situation est critique dans le nord-est du Nigeria. Suite à l'attaque de la base aérienne par les insurgés, les autorités militaires imposent la fermeture de l'aéroport de Maiduguri. Isolée du monde, la métropole est à deux doigts de tomber de l'intérieur. Les attaques et les attentats-suicides se multiplient.

Zone d'activité de Maiduguri.
Zone d'activité de Maiduguri. RFI/Moïse Gomis

Alhaji lâche son emploi au tribunal. Il assure ses premières patrouilles pour débusquer les insurgés présents encore à l'intérieur de Maiduguri. Sans armes, juste en s'appuyant sur son réseau familial et amical pour recouper les pistes. Son groupe et lui se font remarquer. Ils permettent l'arrestation de plusieurs membres présumés du groupe armé.

Au fil du temps, la situation s'inverse. Avec ce concours précieux de volontaires, les militaires reprennent le contrôle de la situation. Rouvert depuis juillet 2015, l'aéroport accueille à nouveau plusieurs liaisons commerciales domestiques. Et aussi en direction et en provenance de l'Arabie saoudite, notamment pour les pèlerinages à La Mecque.

Au Palais du Shehu du Borno, c'est l'effervescence. Les forces de sécurité sont nerveuses. Un invité de marque est annoncé. Si son titre royal est honorifique, Abubakar Umar ibn Garbai El-Kanemi n'en demeure pas moins le chef traditionnel de 4 millions de Kanuris vivant entre le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Nigeria. De nature plutôt placide, le Shehu du Borno ne se laisse pas de toute façon gagner par la tension ambiante. Au contraire, le cérémonial suivi par sa vingtaine de conseillers et de valets l'entourant, le maintient dans une bulle paisible. Soudain la cour s'agite.

Olusegun Obasanjo, l'ancien chef d'Etat sort d'un véhicule noir massif et blindé. Accompagné par le gouverneur du Borno, Obasanjo ne boude pas son plaisir d'être à Maiduguri : « Ma dernière visite, j'étais venu pour assurer une médiation et rencontrer des gens gravitant dans la mouvance Boko Haram. A l'époque, le gouvernement m'avait demandé de me rendre à Jos au moment des tensions entre musulmans et chrétiens. Et j'avais alors proposé mes services pour essayer de tenter quelque chose ici ». A l'époque, cette mission n'a pas eu de suite. Cinq ans plus tard, le contexte est tout autre, et la visite de l'ancien président préfigure une autre à Maiduguri probable et prochaine du président Muhammadu Buhari.

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