Bénin

Bénin: le pure player Ecce Africa veut montrer une Afrique qui bouge

La page d'accueil du pure payer Ecce Africa.
La page d'accueil du pure payer Ecce Africa. Capture d'écran du site Ecce Africa
5 mn

Lancé au Bénin il y a plus d'un an, le site internet Ecce Africa cherche à montrer un continent en mouvement, où l’innovation est partout, en mettant en avant des parcours d’hommes et femmes qui construisent déjà l’Afrique de demain.

Publicité

Chemise bleu décontractée, voix forte et ton direct, Aaron Akinocho, journaliste, 27 ans, presse le pas. Il nous emmène à son bureau au quartier Houeyiho de Cotonou pour un entretien sur Ecce Africa, son site internet consacré exclusivement aux histoires positives dont regorge l’Afrique où il a grandi.

« Mes parents font partie de la classe moyenne. J’ai pas connu cette Afrique en guerre ou miséreuse dont les médias parlent tant. J’ai eu un ordinateur très tôt et j’ai été exposé aux mêmes tendances qu’un jeune européen. C’est cette Afrique là que je veux montrer », explique-t-il.

Disponible uniquement sur le web, Ecce Africa a été lancé en août 2015 à Cotonou. L’objectif de ses promoteurs est de changer l’image – souvent mauvaise – de l’Afrique et de montrer des exemples de réussites sur le continent.

« Inspirer les Africains »

Au Kenya, à des kilomètres de Cotonou, la jeune rédaction a trouvé un sujet : une application qui facilite le don d’organe. Le site internet propose aussi le portrait de Maureen Ayité, une créatrice béninoise de mode ou celui d’un ingénieur en télécommunications qui a lancé un service pour réduire les frais d’appels vers l’Afrique.

La ligne éditoriale de ce pure player est claire: « L’idée est de parler de l’innovation sans occulter les difficultés. Nous racontons l’Afrique telle qu’elle est aujourd’hui avec des jeunes qui prennent leur destin en main. Le but c’est d’inspirer les Africains en montrant des initiatives qui marchent ailleurs. On n’existe trop souvent par rapport aux autres alors qu’on est juste ce qu’on est », précise Aaron. Tout ceci avec des articles courts et direct en majorité.

Aaron Akinocho, qui se décrit comme un « humaniste », a fait des études de journalisme à l’Université d’Abomey Calavi avant de lancer Ecce Africa. « Pour moi, le plus important, ce sont les expériences, les personnes rencontrées. »

Une petite école de journalisme

Ecce Africa est composé d’une dizaine de journalistes à plein temps au Bénin. « En très peu de temps, on a formé de vrais journalistes. Au début, notre seul critère de recrutement était une écriture irréprochable. On les aide ensuite à intégrer les principes journalistiques. Aujourd’hui, certains journalistes de notre équipe sont correspondants de médias internationaux », explique Aaron Akinocho.

Le projet est porté par Marie-Cécile Zinsou, présidente de la Fondation Zinsou qui a débloqué les fonds nécessaires pour lancer le site internet. Elle met également à la disposition des premiers rédacteurs le café de la fondation. Aujourd’hui, si le projet a grandi, elle suit de près le média et la fondation deviendra annonceur sur le site.

Celle dont le père était candidat aux dernières élections présidentielles ajoute : « On en a un peu marre de la politique partout. On voulait raconter une Afrique où les jeunes s’engagent autrement pour les autres. »

Ulrich Sossou, ingénieur et co-fondateur de l’incubateur TEKXL, a également collaboré au projet. Il s’est occupé de la partie technique du site et de la promotion du média sur les réseaux sociaux. « Ce projet, c’était pour pouvoir lire ces histoires positives dont les médias parlent peu. »

Développements

Sur un continent où l’accès à Internet demeure faible, les projets d’Ecce Africa sont nombreux. « On va refondre totalement le site. Nous comptons développer la vidéo et développer la plate-forme en anglais », assure Aaron Akinocho. Un réseau de correspondants devrait également se mettre en place prochainement.

En attendant, le site compte aujourd’hui plus de 200 000 fans sur Facebook et a comptabilisé 250 000 vues sur son site par mois. Et les lecteurs sont majoritairement les Africains d’Afrique.

« On a des retours très flatteurs sur internet. On a déjà écrit des papiers sur des entreprises qui, plus tard, ont organisé des campagnes de crowdfunding réussies. Cependant, je n’ose pas dire que c’est grâce à nous, indique modestement Aaron Akinocho. Et on est aussi encouragé par les réactions très positives. Les gens sont fiers et sont motivés par les articles. On fait émerger plusieurs écosystèmes numériques ». 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail