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Afrique du Sud

Nzaou Rob, photographe congolais de la rue en Afrique du Sud

Le photographe congolais Nzaou Rob propose de sortir du genre du portrait. Il n'aime rien d'autre que déambuler dans les rues du Cap pour immortaliser le tout-venant.
Le photographe congolais Nzaou Rob propose de sortir du genre du portrait. Il n'aime rien d'autre que déambuler dans les rues du Cap pour immortaliser le tout-venant. Nzaou Rob

Nzaou Rob a quitté Brazzaville en 2001 pour poursuivre ses études de marketing au Cap où il est tombé par hasard dans la photographie, sa passion depuis quatre ans. Admirateur de feu Kiripi Siku Katembo, photographe de Kinshasa, il est à la recherche de la poésie et de la beauté partout, dans la lumière, les couleurs et la géométrie de ses villes de prédilection, Le Cap et Pointe-Noire, où il a exposé.

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Nzaou Rob se définit comme un amoureux de la rue, qu'il photographie sous toutes ses coutures au Cap avec beaucoup de sensibilité. Sillonner avec lui les rues du quartier étudiant, multiracial et populaire d'Observatory, c’est vivre autant de petites aventures à chaque graffiti, chaque ombre portée sur un mur, chaque passant vêtu comme un prince ou une princesse.

De ses images émanent un très fort sens du graphisme et la touche de poésie qui fait sa marque. Son regard se veut résolument positif : « Je cherche la beauté dans tout, même dans les quartiers populaires de Pointe-Noire », explique-t-il. Il immortalise cette ville la nuit, dans les faubourgs où les « expatriés » de l'industrie pétrolière et les grosses huiles du centre-ville ne se hasardent jamais. Ce qui ne signifie pas qu'il ait forcément un message politique fort à faire passer.

Plus poète que militant, son projet photographique sur son quartier, « Fond Tié-Tié », fait ressortir la beauté ordinaire du quotidien. La façon dont les femmes se coiffent, s'habillent, l'aspect graphique des panneaux des salons de coiffure ou les files de taxis bleus... Des détails que ses compatriotes ne voient pas toujours eux-mêmes et qu'il leur révèle. « Le type sapé qui marche avec son costume beige dans la rue boueuse ne veut pas que je le prenne dans cet environnement, parce qu'il pense que " ça, ce n'est pas lui ". Dans son imaginaire, il déambule plutôt sur les grands boulevards de Paris... »

Un Congolais au Cap

Il est arrivé en 2001 au Cap, poussé par les années blanches à l'université de Brazzaville, en raison de la guerre qui a marqué le retour de Denis Sassou-Nguesso au pouvoir, en 1997. « Il fallait que je quitte le pays pour continuer mes études de marketing », raconte-t-il. Dix années se sont passées avant qu'il ne puisse retourner chez lui, en 2011, pour la première fois.

Il est tombé dans la photographie par hasard, mais avec bonheur. Il travaillait à un blog, Heavy Words, sur le rap sud-africain, particulièrement vibrant au Cap. Un ami qui voulait faire des vidéos et des entretiens avec ces artistes lui a prêté un appareil photo. Il le lui a ensuite laissé, impressionné par la qualité de ses premières images de rue.

Nzaou Rob, marié avec une fille du pays, dans une famille Afrikaner de la province du Cap occidental, ne ressent pas la xénophobie qui a fait de nouvelles violences dirigées contre les migrants africains dans les townships de Johannesburg et Pretoria, en février dernier. « Le Cap, pour moi, c'est l'une des plus belles villes du monde, où je circule et je crée librement. Toutes les portes s'ouvrent, que ce soit à l'université ou dans la musique et la photographie. J'ai des amis sud-africains et je me sens à l'aise ici. »

Il capte tout le graphisme et la liberté de cette ville dans ses images, sur lesquelles il passe du temps à réfléchir. Plutôt que les grands noms de la photographie sud-africaine, toujours focalisée à ses yeux sur un « message » en raison de l’histoire particulière du pays, son modèle serait plutôt Henri Cartier-Bresson, grand maître français de l'instantané.

Ce talent encore méconnu, mais à suivre, cherche sa voie, conscient des diktats d’un marché où tout se joue sur les goûts de collectionneurs occidentaux, mais aussi d’une photographie africaine qui reste, à son avis centrée sur les portraits – un genre dont il se propose de sortir.

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