Paix et réconciliation à l'honneur du FESMACY

Le Nya, le Klè, le Tobignè, le Nankô, le Sirabani, le Mouskori...pendant plusieurs jours, le public a pu découvrir de superbes masques et divinités.
Le Nya, le Klè, le Tobignè, le Nankô, le Sirabani, le Mouskori...pendant plusieurs jours, le public a pu découvrir de superbes masques et divinités. Pierre Zonou

« Paix et réconciliation » : tel était le thème de la deuxième édition du Festival des masques et marionnettes du cercle de Yorosso (FESMACY), au Mali. Organisée du 19 au 21 mai dernier, la manifestation a permis au public de découvrir les riches traditions de cette localité située à l'est du pays, à la frontière avec le Burkina Faso.

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Pour cette nouvelle édition du FESMACY, les organisateurs de l'événement avaient choisi comme thème « Paix et réconciliation à travers les masques et les marionnettes ».
Une thématique de circonstances puisque le Mali revient de très loin après la crise socio-politique et sécuritaire de 2012 (lire ci-dessous).
« Les masques et les marionnettes constituent un patrimoine qui consacre la cohésion sociale, le dialogue et la tolérance. Une continuité des valeurs sociétales qu'il ne faut jamais perdre et transmettre aux générations futures », a indiqué N'Diaye Ramatoulaye Diallo, la ministre de la Culture qui était accompagnée du Dr Nango Dembélé, ministre de l'Agriculture.

Le « Diho » ou société secrète des initiés

Au cours des différentes prestations, le public a ainsi pu découvrir les riches traditions initiatiques des masques et autres divinités célèbres comme le Nya, le Klè, le Tobignè, le Nankô, le Sirabani, le Mouskori, pour ne citer que celles-là.
Quant aux masques, ils s'articulent autour de la société secrète du « Diho », une divinité suprême incarnant l'homme, la nature ambiante et Dieu.
Ces sociétés d'initiation contribuent à la formation complète de l'homme, de son enfance à l'âge adulte. Les initiés en ressortent avec un caractère trempé comme l'acier, après avoir subi de multiples épreuves d'endurance, aux différentes étapes de leur vie.
La formation complète et pratique ainsi reçue vise essentiellement à leur transmettre la maîtrise de soi, la préservation de l'environnement, les valeurs de solidarité, d'hospitalité, d'équité, d'honneur, de dignité et d'amour de la patrie.
La tenue régulière de ce festival doit ainsi permettre de ressusciter ces valeurs culturelles traditionnelles et ancestrales pour montrer le vrai visage de la région.

Le cercle de Yorosso, moteur de développement ?

L'autre moment fort qui a retenu l'attention des festivaliers était la conférence organisée à cette occasion et qui avait pour thème : « Le monde rural, moteur de développement à l'épreuve de la gouvernance vertueuse ». L'objectif est de faire du cercle de Yorosso une école de développement. « Le travail bien fait est considéré comme l'alpha et l'oméga de toutes les autres valeurs, le facteur d'anoblissement des êtres humains », a précisé le conférencier, Marc Ottozié Goïta, consultant en management.
Lors de la cérémonie de clôture du festival, Kouloussama Goïta, le président de l'Association pour le développement du cercle de Yorosso, qui est à l'initiative de la manifestation culturelle, a annoncé que pour les prochaines éditions, le FESMACY changera d'appellation et s'appellera désormais le Festival de la culture et des arts du Cercle de Yorosso.

Pierre Zonou
Directeur de la radio Shiinyèn
Yorosso, Mali
zonou.pierre@yahoo.fr

Organisé pour la première fois en 2011 à Boura, le festival n'avait pas pu se tenir deux ans après, comme prévu initialement par l'Association pour le développement du cercle de Yorosso (ADCY), à l'origine de la manifestation. Les conditions de sécurité n'étaient en effet pas réunies. Ensuite, la date retenue en décembre par les organisateurs ne convenait pas aux confréries des masques et marionnettes. Après des négociations, les organisateurs et les confréries sont tombés d'accord sur le mois de mai, car c'est le moment de la sortie traditionnelle des masques. C'est, en effet, la période propice pour les bénédictions et les grandes prières des divinités suprêmes pour faire venir la pluie, annonçant ainsi l'hivernage et s'assurant de bonnes récoltes.

Koniba Goïta est un commerçant de la place. Sa boutique, où l'affluence est souvent grande, se trouve en bord de route, près du centre de santé de référence dans la cité administrative. Elle est donc située à 500 mètres du site du festival.

Dans cette boutique, plusieurs denrées alimentaires et d'autres produits de première nécessité sont vendus. Koniba Goïta s'était préparé pour le FESMACY : « Le festival a été une opportunité pour moi, car durant la semaine de l'événement, j'ai vendu deux fois ou souvent trois fois plus. Surtout le riz, l'huile, le sucre et même les boissons. Au départ, j'avais hésité, mais, Dieu merci, les clients se sont dirigés vers ma boutique. Je ne veux pas que le festival prenne fin. La ville est animée et le commerce marche très bien. Ses bénéfices en temps record me permettent d'économiser plus et mes affaires ont augmenté. Je lance un appel aux organisateurs pour la poursuite de l'initiative ».

Koniba Goïta, dans sa boutique.
Koniba Goïta, dans sa boutique. Pierre Zonou

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