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JO 2014

Le bobsleigh jamaïcain s’est remis en piste à Sotchi

Winston Watts and Marvin Dixon, lancés à pleine allure dans l'épreuve du bob à deux sur la piste de Rosa Khutor, aux J.O. de Sotchi.
Winston Watts and Marvin Dixon, lancés à pleine allure dans l'épreuve du bob à deux sur la piste de Rosa Khutor, aux J.O. de Sotchi. REUTERS/Fabrizio Bensch
Texte par : Christophe Carmarans
5 mn

Sous l’impulsion du vétéran Winston Watts, les « rasta rockett » ont fait leur grand retour à Sotchi où ils ont réussi l’essentiel : participer. Apparue pour la première fois aux Jeux olympiques de Calgary en 1988 où elle s’était attiré la sympathie générale et avait même inspiré un film, l’équipe jamaïquaine de bobsleigh n’avait pas pu s’aligner ni en 2002 ni 2006.

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Ils font partie de la légende des Jeux. Nés d’un pari un peu fou lancé par George Fitch et William Maloney, deux hommes d’affaires américains qui passaient leurs vacances sur l’île ensoleillée au milieu des années 1980, les bobeurs jamaïcains sont apparus pour la première fois aux J.O. à Calgary (Canada) en 1988. Après avoir assisté à une course de pousse-charrette - un passe-temps local dans un pays où le sprint et le cricket dominent - Fitch et Mahoney s’étaient convaincus que les Jamaïcains pouvaient bien figurer à Calgary après une bonne préparation.

Renommée planétaire

Malgré quelques péripéties, dont une sortie de piste demeurée célèbre et heureusement sans gravité dans l’épreuve du bob à quatre, il y a vingt-six ans, les Jamaïcains s’était attiré la sympathie du public et des médias, notamment des médias américains qui s’étaient passionnés pour leur histoire. Leur aventure était tellement originale qu’elle inspira aux studios Disney une comédie intitulée « Cool Runnings » aux USA et « Rasta Rockett » en France, film sorti sur les écrans en 1993 et qui - bien que très romancé - contribua un peu plus à la renommée des vaillants bobeurs caribéens à travers la planète.

Aidés par cette célébrité mais grâce aussi à leur persévérance (éliminés à cause de leur chute dans l’épreuve du bob à quatre à Calgary, ils avaient devancé onze équipages dans le bob à deux pour finir 30e sur 41), les Jamaïcains réapparurent aux Jeux d’Albertville en 1992, de Lillehammer en 1994, de Nagano en 1998 et de Salt Lake City en 2002. Nagano reste jusqu’à présent leur meilleure performance. Emmenés par le charismatique Dudley Stokes, ils s’étaient classés 21e (sur 32) dans l’épreuve du bob à quatre au Japon et 29e (sur 39) dans celle du bob à deux, un authentique exploit pour si un petit pays.

Manquant de soutien, et passé l’attrait de la nouveauté, l’équipe jamaïcaine a fait l’impasse sur 2006 et 2010 mais, inspirée par l’étonnant Winston Watts, elle a fait son grand retour sur la scène olympique cette semaine à l’occasion des J.O. de Sotchi. Désormais âgé de 46 ans, Watts était déjà de l’aventure en 1994, 1998 et 2002. Le démon des Jeux l’a fait sortir de sa retraite et incité à concourir à nouveau en tant que pilote du bob à deux. Accompagné de Marvin Dixon, son cadet de 18 ans, il s’est entraîné d’arrache-pied pour être en Russie.

Cette participation n’a toutefois pas été facile malgré une qualification acquise à la régulière sur les pistes d’Amérique du Nord. A quelques semaines du début des épreuves, le bob jamaïcain manquait de fonds pour se rendre à Sotchi et a dû faire appel à des dons via les réseaux sociaux. Leur capital sympathie étant demeuré intact, ils ont finalement collecté bien plus que les 80 000 dollars (60 000 euros) qui leur étaient nécessaires pour les frais de transport et l’achat d’équipement.

Dans le plus pur esprit olympique - on parle ici de l’esprit originel - ils ont même adressé des messages pour que l’on cesse de leur envoyer de l’argent, ne voulant pas tirer un profit personnel de la générosité de leurs supporters. Le Comité national olympique de leur pays a finalement financé leurs frais de transport alors que le Comité d’organisation des Jeux de Sotchi s’est pour sa part proposé de couvrir leurs frais sur place.

Avec Usain Bolt en 2018 ?

« Je savais que si nous trouvions les bons financements et que si je mettais la main sur un bon coéquipier, nous pourrions entrer dans l’histoire. C’est pour ça que je suis de retour », confiait Winston Watts à la chaîne américaine NBC mi-janvier, à la veille de sa quatrième participation aux Jeux. Le long voyage n’a cependant pas été de tout repos car, une fois arrivés sur les bords de la mer Noire, Winston, Marvin et leur trois accompagnateurs se sont rendu compte que le matériel et leurs valises n’avaient pas suivi, une mésaventure qui a fini par se régler mais qui les a privé de deux jours d’entraînement sur place. 

Sur la piste de Sanki, le manque de compétition s’est d’ailleurs fait sentir : 28e sur 29 à l’issue des trois premières manches (les Serbes ont abandonné), ils n’étaient pas qualifiés pour la quatrième manche, réservée aux 20 meilleurs équipages. Contents malgré tout d’avoir participé, les bobeurs jamaïcains nourrissent à présent un fol espoir : convaincre leur compatriote Usain Bolt de leur prêter main forte aux Jeux de 2018 à Pyeongchang, en Corée du Sud. Au vu de sa vitesse hors du commun, le sextuple champion olympique ferait sans nul doute un excellent pousseur.

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