Chine

La pollution des eaux chinoises due aux cadavres de porcs se poursuit

Près de 280 millions de Chinois n’ont pas accès à une eau potable sûre.
Près de 280 millions de Chinois n’ont pas accès à une eau potable sûre. REUTERS/Stringer/Files

En Chine, l'année dernière 16 000 cadavres de cochons repêchés dans une rivière qui traverse la métropole Shanghai avaient mis la question de la sécurité alimentaire sur le devant de la scène. Visiblement, les autorités n’ont pas pu stopper le phénomène depuis. Un quotidien régional rapporte que chaque mois, plusieurs centaines de porcs morts sont retrouvés dans un important réservoir d’eau dans la région de Sichuan. Une histoire sordide.

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De notre correspondante à Pékin,

Il y a un vieux proverbe chinois qui dit : « Un porc bien gras devant la porte apporte bonheur et prospérité ». Ce n’est pas vraiment la première idée qui vient à l’esprit quand on regarde les images des cadavres gonflés qui flottent sur le réservoir d’eau de Qionglai, dans la province de Sichuan. Cinq cents cochons morts sont repêchés là bas chaque mois dans ce réservoir -un plan d’eau pourtant réputé d’être un paradis pour pêcheurs. Le phénomène est tel que quelques pêcheurs se sont même reconvertis en pêcheurs de porc. « Je n’ai plus le temps pour faire autre chose que de ramasser des cadavres de cochon », a confié Xu Bangchun au quotidien Western China City Daily. Lui et son collègue gagnent désormais 2 400 yuans par mois, 300€, pour accomplir cette mission ingrate. Ils sont payés par les autorités locales.

L’origine de ces cadavres reste floue

Ce qu’on sait c’est que 300 000 agriculteurs élèvent des cochons au bord des trois rivières qui alimentent le réservoir d’eau en question. Quelques moutons noirs parmi ces éleveurs sont soupçonnés de se débarrasser de leurs animaux morts pendant la nuit. L’une des raisons est certainement qu’il coûte bien moins cher de jeter les bêtes dans le fleuve que de les incinérer dans des structures officielles. Mais il y a aussi une autre explication. Avant 2005, ce phénomène n’existait pas dans ce réservoir de Qionglai, et selon les agriculteurs ce serait justement depuis que les autorités ont durcit les règles sanitaires que ces bêtes mortes auraient fait leur apparition.

Avant, probablement, au moins une partie finissait dans l’assiette, après avoir été vendue à des boucheries ou bien à l’industrie alimentaire qui en fabriquait de la farine animale. Pour mettre un terme à ces pratiques mafieuses, le gouvernement a donc établi des règles plus strictes, ce qui fait que les paysans ne savent plus quoi faire avec leur bêtes mortes de maladie. Déjà, la semaine dernière, les autorités avaient trouvé 157 carcasses dans une rivière de la province Jiangxi.

Aujourd’hui, 70% des rivières et des lacs sont polluées par l’industrie. Alors, de ces cadavres de cochons, les Chinois n’ont vraiment pas besoin...Par ailleurs un récent rapport du ministère de l’Environnement a constaté que 280 millions de Chinois n’ont pas accès à une eau potable sûre. Ce scandale n’en est qu’une nouvelle preuve.

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