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Portrait

Le rêve africain de Madjissem Beringaye

Madjissem Beringaye, entrepreneuse.
Madjissem Beringaye, entrepreneuse. DR

Cette entrepreneuse franco-tchadienne de 29 ans, née au Tchad et élevée dans les Yvelines, a lancé en mars dernier une plateforme internet Living The African Dream. « Vivre le rêve africain » donne des nouvelles positives sur l’Afrique et veut lancer des incubateurs d’entreprises de Dakar à Ndjamena.

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Living The African Dream, tel est le nom du nouveau site lancé au mois de mars en France. « Vivre le rêve africain » est un slogan des plus positifs proclamé en anglais. « Nous voulions mieux renvoyer au rêve américain », explique Madjissem Beringaye, la jeune consultante franco-tchadienne qui est derrière cette initiative. Au programme, des nouvelles positives sur l’Afrique, avec des exemples de « success story », des portraits, des photos, de la mode, de la culture et un regard parfaitement décomplexé. L’Afrique du 21è siècle telle que la rêve sans doute Barack Obama. Le sommet Etats-Unis/Afrique que président américain a convoqué cette semaine a mis à l’honneur de jeunes leaders africains de la trempe de Madjissem Beringaye.

Une société de marketing, une maison de production…

Cette jeune femme a le physique d’un mannequin et le mental d’une fonceuse. Pendant ses deux années de stage chez L’Oréal (2010-2012) qu’elle effectue en marge de son Master de droit public et de relations internationales à l’université Paris-Est Créteil, elle découvre que les marchés africains restent largement méconnus. Pour combler cette lacune, elle décide en octobre 2012 de fonder son entreprise BNM & Associés. Avec les moyens du bord, en ayant recours à toutes les aides à la création d’entreprise disponibles en France. Sa mission : conseiller en marketing et en communication les sociétés qui veulent s’implanter en Afrique.

Parmi ses clients, elle compte des groupes américains et une seule entreprise française. « Les Français sont plus réticents à faire confiance à une jeune femme, précise-t-elle. Les Américains, eux, signent pour un an et jugent ensuite en fonction des résultats ». BNM & Associés gère aussi l’image de Sonia Rolland, ex-Miss France franco-rwandaise, et d’Emilie Gomis, une sportive d’origine sénégalaise, membre de l’équipe nationale de France de basket. Avec Sonia Rolland, Madjissem Beringaye a par ailleurs fondé en 2012 la société So Mad Productions, occupée à produire un premier documentaire de l’ex-Miss France sur le Rwanda, dont la sortie est prévue fin 2014.

Le succès en Afrique est possible

Madjissem Beringaye veut faire bouger les choses depuis Paris, l’ancienne métropole coloniale où elle a grandi. Pour elle, il ne s’agit pas de séduire l’Occident. Elle surfe sans doute sur la vague du discours afro-optimiste qui s’est développé ces dernières années, sur fond de crise dans l’hémisphère nord. Mais son objectif, c’est surtout de « voir une nouvelle génération d’Africains rester sur le continent pour s’y construire un avenir ».

Le succès en Afrique est possible, et l’entrepreunariat en est l’une des clés. Voilà le credo tout simple de la plateforme Living The African Dream. Son contenu rédactionnel est fourni par des bénévoles, au Bénin, en République démocratique du Congo (RDC) et à Paris. Le rêve n’a pas l’intention de rester dans le virtuel. L’initiative veut en effet se décliner en projets concrets, avec des incubateurs d’entreprise à Dakar, Bamako, Abidjan et Ndjamena, pour aider des jeunes à monter leur entreprise.

Le premier de ces centres doit ouvrir en 2015 à Bamako, un pays où les fonds de l’Union européenne (UE) affluent pour aider à sortir de la crise. Madjissem Beringaye s’est déjà trouvé un parrain de renom : Jacques Attali, le patron de PlaNet Finance, une organisation internationale de lutte contre la pauvreté et de soutien à la microfinance. PlaNet Finance a déjà pris le projet sous son aile et lui fait une petite place dans ses bureaux à Bamako.

(Cliquer sur l'image pour accéder au site Living the African Dream)

Détecter les projets innovants

Le futur centre Living The African Dream vise à détecter les talents et former 25 jeunes par trimestre, parmi ceux qui ont déjà des projets innovants. Il n’y a pas vraiment besoin de chercher : les jeunes contactent déjà Madjissem Beringaye, pour lui parler de leurs projets. Mahamadou Diakité, un ingénieur formé à Londres, a ainsi électrifié deux villages avec l’aide du groupe néerlandais Philips. « Personne ne le connaît au Mali, note l’entrepreneuse, mais si tous les jeunes de sa qualité étaient aidés, le Mali entier serait aujourd’hui électrifié ! »

Oumar Ayoumbaye, un jeune tchadien, a créé un humidificateur d’air portable qui fonctionne à l’énergie solaire et éolienne. Sur un chameau, son instrument permet à la fois de rafraîchir l’animal tout en rechargeant son téléphone portable. Il lui a valu en avril un second prix au Salon de l’innovation à Genève. Un autre entrepreneur a contacté Madjissem Beringaye pour lui parler de la spiruline, une algue des bords du lac Tchad qui entre dans la composition des produits cosmétiques. « Ici, il faudra apprendre à faire un business plan, de manière très pédagagique, explique la patronne de Living The African Dream. Et puis voir comment organiser toute la filière autour de coopératives, en suivant l’exemple du karité au Burkina Faso ». L’initiative, ambitieuse, veut prendre son temps et se développer progressivement. Elle fait appel à tous les financements, privés comme institutionnels. « Ce projet concerne tout le monde, lance Madjissem Beringaye dans un grand sourire. Même le ministre français de l’Intérieur, s’il veut lutter contre l’immigration ! »

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