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Palestine/Israël

#JewsAndArabsRefuseToBeEnemies, faites l'amour, pas la guerre

Un juif ultra-orthodoxe lors d'un rassemblement pour la paix en Palestine à Londres, le 11 juillet 2014.
Un juif ultra-orthodoxe lors d'un rassemblement pour la paix en Palestine à Londres, le 11 juillet 2014. REUTERS/Neil Hall
5 mn

Alors que les derniers embrasements meurtriers au Proche-Orient ont entraîné des déchainements de violence sur les réseaux sociaux entre pro-sionistes, pro-arabes, anti-israéliens ou anti-palestiniens, des milliers d’internautes dans le monde prônent la paix et la tolérance grâce au hashtag #JewsAndArabsRefuseToBeEnemies, qui pourrait être résumé par le célèbre slogan anti-guerre des années 60 « Faites l'amour, pas la guerre ».

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Que l’on s’intéresse ou pas au Proche-Orient et à ses multiples conflits, nul ne peut ignorer l’impact qu’ils ont en France et dans le monde. Dernier en date, et non des moindres, l'opération « Bordure protectrice » menée par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Côté palestinien: plus de 1 800 morts -dont 400 enfants-, près de 10 000 blessés, des bombes tombées sur les écoles ; côté israélien : 3 civils et 64 soldats tués. Des images pour le moins insoutenables qui ont entraîné un déferlement de violence sur les réseaux sociaux.

Pendant ce temps, certains s’attèlent à répandre des messages de paix, de solidarité, d’unité, de tolérance, d’amour, d’espoir. C’est l’idée qu’ont eue deux jeunes Américains, Dania Darwish et Abraham Gutman, respectivement 21 et 23 ans. Elle est musulmane originaire de Syrie, il est juif israélien. Et tous les deux, ils ont lancé la campagne #JewsAndArabsRefuseToBeEnemies, autrement dit « Juifs et Arabes refusent d’être ennemis ». Pour les deux jeunes New-Yorkais, il y avait peut-être un moyen de « changer les choses » à leur niveau.

Une campagne virale symbolique

Rêveurs mais loin d’être utopistes, les deux jeunes s'expriment. Abraham Gutman dit être conscient qu'une campagne dans les médias sociaux ne mettra pas fin au conflit. « Mais nous aimons croire que la façon dont les gens se parlent peut changer, et qu'éventuellement ça pourra aider à changer les politiques », a-t-il confié à la BBC. « Nous avons créé ce hashtag car nous avons tous les deux connu les préjugés, la haine (...) Nous voulions créer une page Facebook sur laquelle les gens pourraient apprendre à se connaître et discuter ensemble », a expliqué Dania Darwish sur CBS News.

Leur page Facebook a recueilli en à peine un mois plus de 56 000 « j’aime ». Sur Twitter, le buzz est venu le 13 juillet dernier, au moment où Sulome Anderson, une jeune journaliste libanaise musulmane, a posté une photo d’elle embrassant langoureusement son petit ami juif, avec le hashtag #JewsAndArabsRefuseToBeEnemies (Voir le Storify en fin d'article). En guise de légende, elle a écrit : « He calls me neshama (« mon âme » en hébreu), I call him habibi (« mon amour » en arabe). Love doesn't speak the language of occupation », qu’on peut traduire par « l’amour ne parle pas le langage de l’occupation ».

La paix est possible

En quelques jours, cette photo a été retweetée des milliers de fois. Mais surtout, elle a donné des idées, des envies de tendresse et de baisers aussi, à des centaines de couples ou d’amis judéo-arabes. Deux enfants d’à peine 4 ans, l’un en tenue traditionnelle juive l’autre avec un keffieh sur la tête bras dessus bras dessous, un couple d’homosexuels brandissant une pancarte « jew and arab, we live in peace », plus belles et plus symboliques les unes que les autres, toutes ces photos délivrent le même message : il n’y a pas de raison que le paix ne puisse exister, voire triompher, entre les juifs et les musulmans, entre les Palestiniens et les Israéliens.

D’autres encore s’interrogent, à l’exemple d’une internaute, Nadia Sweeny, dont la mère est juive et le père musulman. Elle se demande : « comment puis-je être ma propre ennemie ? ». « Mère juive, père palestinien, quelles que soient nos souffrances, la haine ne fait qu'empirer les choses », écrit une autre internaute.

Le succès de la campagne a été tel qu’un rassemblement a même eu lieu en France. « Shalom, Salam », ont été clamé par environ mille personnes qui se sont retrouvées place du Louvre à Paris, dimanche 2 août, sans drapeau israélien ni palestinien, mais pour seul mot d’ordre #JuifsEtMusulmansMainDansLaMain, version française du #JewsAndArabsRefuseToBeEnemies.

Abraham Gutman explique que le hashtag #JewsAndArabsRefuseToBeEnemies est un slogan utilisé depuis plusieurs années dans les manifestations des mouvements pacifistes en Israël et en Palestine. De belles initiatives pleines d’amour et de tolérance qui connaissent un succès bien plus visible et plus optimiste que les efforts diplomatiques qui s’embourbent depuis des décennies au Proche-Orient.

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