Pour l'OMS, la stratégie «zéro Covid» de la Chine n'est «pas tenable»

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé. C’est une règle quasi sacrée à l’OMS. On ne critique pas le gouvernement d’un État membre.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé. C’est une règle quasi sacrée à l’OMS. On ne critique pas le gouvernement d’un État membre. REUTERS - DENIS BALIBOUSE

En Chine, malgré la censure, les images du confinement strict imposé à la ville de Shanghai ont fait le tour du monde. Malades emmenés de force dans des centres de quarantaine, enfants séparés de leurs parents… Une stratégie « zéro Covid » assumée par Pékin. Mais « pas tenable » affirme l’OMS. L’agence demande à la Chine de revoir sa copie, mais pas trop fort. Évoquer le cas chinois à l'OMS n'est jamais facile depuis le début de la crise.

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Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche 

C’est une règle quasi sacrée à l’OMS: on ne critique pas le gouvernement d’un État membre. En tout cas, pas nommément. Le directeur général de l’organisation, Tedros Ghebreyesus, se l’est appliquée tant bien que mal sous la présidence Trump. Même chose quand des pays comme la Suède ont été tentés par la stratégie de l’immunité collective. La sortie du docteur Tedros sur la Chine est, de ce point de vue, suffisamment rare pour être soulignée :

« Quand on parle de stratégie zéro Covid... Je ne pense pas que ce soit une stratégie durable, a-t-il déclaré. Surtout qu'on sait maintenant assez bien comment le Covid fonctionne et qu'on a de bons outils pour lutter contre. On en a discuté avec des experts chinois. Et on leur a dit que cette approche n'était pas tenable. Je pense qu'un changement de stratégie est important. »

Une critique pas vraiment appuyée

Sur le fond, l’OMS se dissocie des mesures hyper restrictives, y compris pour les libertés publiques, prises par Pékin. Mais sur la forme, la critique n’est pas vraiment appuyée.

Le dilemme est en fait le même depuis le début de la pandémie pour l’OMS. Quand elle salue la fermeté de la réponse chinoise, l’organisation est accusée d’être la marionnette de Pékin. Quand elle pointe la Chine du doigt, comme pour son manque de transparence sur les origines du Covid, l’OMS prend le risque de se voir refuser l’accès à la province de Wuhan pour poursuivre son enquête. Une enquête dont on ne sait toujours pas si elle pourra reprendre un jour et dans quelles conditions. 

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