Fin du sommet de l'Otan: l'Alliance atlantique avance sur tous les dossiers

C’est la fin du sommet de l'Otan qui a duré trois jours à Madrid sur fond de guerre en Ukraine. À l'heure du bilan et des déclarations finales, l'Alliance atlantique est parvenue à avancer sur les différents dossiers qui étaient à l'ordre du jour : l'adhésion de la Finlande et de la Suède, le soutien à l'Ukraine, le renforcement militaire dans l'est et le sud de l'Europe et l'adoption d'un nouveau concept stratégique.

Vue générale de la réunion lors du sommet de l'Otan, le jeudi 30 juin 2022.
Vue générale de la réunion lors du sommet de l'Otan, le jeudi 30 juin 2022. AP - JONATHAN ERNST
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Avec notre envoyé spécial à Madrid, Romain Lemaresquier

Les dossiers les plus épineux ont été abordés et traités.

Vingt-cinq ans après un autre sommet à Madrid qui avait vu la Pologne, la Hongrie et la République tchèque obtenir le feu vert pour leur intégration, cette année ce sont la Suède et la Finlande qui vont pouvoir lancer leur processus d'adhésion de façon formelle.

La Turquie a finalement accepté de lever son veto en échange de quelques contreparties, un dossier qui ne semblait pas si facile à faire évoluer, mais qui a finalement été rapidement réglé, au grand soulagement des trente pays membres de l'Alliance.

►Écouter aussi : « C'est la Russie qui a déstabilisé l'architecture de sécurité en Europe »

 

Renforcer l'aide à l'Ukraine

L’Otan va également renforcer son aide en faveur de Kiev. C'était ce qui était attendu, et même si le président ukrainien estime que l'Otan pourrait faire plus, l'Alliance va bien débloquer des moyens militaires et financiers supplémentaires.

L’Otan a surtout adopté sa nouvelle feuille de route, son fameux concept stratégique, qui place la Russie comme étant la menace la plus dangereuse pour les pays membres de l'organisation, et qui cite pour la première fois la Chine, une nation représentant « un défi pour les intérêts et la sécurité des pays de l'Alliance ».

Par ailleurs, l'Otan se préoccupe des changements climatiques et va débloquer un fonds d'un milliard de dollars dans ce cadre.

Enfin, l'Alliance se dit aussi préoccupée par la situation au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et au Sahel. Le terrorisme est une des priorités de l'Otan, qui s'engage à préserver les partenariats avec les pays de ces régions avec qui elle est en lien, et à continuer son travail en matière de renseignement.

Madrid : le bilan du président Macron

Emmanuel Macron a dressé le bilan du sommet de l'Otan lors d'une conférence de presse, sa seule prise de parole durant cet événement. Le président français s'est réjoui de l'unanimité des Alliés face à la Russie, et du renforcement du soutien à l'Ukraine décidé par les membres de l'organisation.

Il a envoyé un message de fermeté en quittant le sommet de Madrid. Et le destinataire, c'est Vladimir Poutine.

La Russie porte seule la responsabilité de cette guerre. Je récuse ici une nouvelle fois les arguments qui voudraient faire croire que cette guerre et ses conséquences seraient liées à une hypothétique volonté de l'Ouest, ou de l'Otan, de s'imposer sur le reste du monde. C'est un mensonge qui cherche à inverser la réalité pour justifier une agression et tirer parti de ses conséquences.


Une agression qui revient selon Emmanuel Macron à une « erreur stratégique majeure » du président russe, puisqu'elle a amené la Finlande et la Suède à rejoindre l'Otan.

Il a réussi, à ce que des États qui, jusqu'alors, étaient restés dans un posture parfois plus prudente, ou plus en réserve à l'égard de l'Alliance, décident d'eux-mêmes de la rejoindre.


Le président français a rappelé que l'Alliance atlantique n'était pas en guerre, mais soutenait le combat de l'Ukraine. Un renforcement de l'aide militaire a été décidé. La France va y prendre sa part. « Cela sera le cas ou niveau d'une brigade en Roumanie », précise le chef de l'État.

Ce soutien, Emmanuel Macron l'a confirmé, l'Ukraine en bénéficiera aussi longtemps que nécessaire, malgré les conséquences économiques et les hausses des prix de l'énergie, face auxquelles il plaide pour une action internationale concertée.

Nous en avons lancé les prémices lors du G7. Nous devons agir tous réunis pour pouvoir limiter les prix du pétrole et du gaz. Et donc avoir une alliance d'acheteurs, pour pouvoir baisser les prix.

Une nécessité face à une guerre qui risque de durer.

De notre envoyée spéciale à Madrid, Valérie Gas

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