Turquie / Israël

Regain de tension entre Israël et la Turquie autour du chef des services secrets turc

Hakan Fidan, nouveau chef des services secrets turcs (MIT).
Hakan Fidan, nouveau chef des services secrets turcs (MIT). www.tika.gov.tr

Ce dimanche 1er août 2010, regain de tension dans les relations bilatérales israélo-turques, troublées depuis quelques mois. Alors que la presse turque stigmatise souvent le Mossad israélien, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a dit craindre que Hakan Fidan, le nouveau chef des services secrets turcs, qualifié de ‘pro-iranien’, ne divulgue des informations stratégiques à Téhéran. La Turquie n’a pas commenté. Retour sur la carrière de ce diplomate qui inquiète Tel-Aviv.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

A 42 ans, le chef du MIT, Organisation du renseignement national, est avant tout un fonctionnaire brillant bardé de diplômes et de références comme rarement la centrale turque en a eu à sa tête.

Après une licence de Sciences politiques aux Etats-Unis et un doctorat en Relations internationales dans la plus prestigieuse université privée de son pays, Hakan Fidan a servi quinze ans durant dans l’armée turque tout en enseignant en université. Puis il est entré au ministère des Affaires étrangères où il a étroitement collaboré avec l’actuel chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu, artisan de la nouvelle orientation de la politique étrangère de la Turquie. Il a enfin conseillé le Premier ministre pour les questions de sécurité et de politique étrangère.

Il fut aussi un temps en poste à l’Agence turque pour le développement et la coopération, à l’ambassade turque en Autriche, à l’Agence des Nations unies pour le désarmement, mais surtout à l’OTAN et à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Et c'est bien sûr cette dernière attribution qui retient l’attention, notamment en Israël. Et ce d’autant plus que, bien qu’il attendait ce poste depuis deux ans et demi, sa nomination est intervenue une dizaine de jours à peine après la signature de l’accord Iran-Turquie-Brésil sur le combustible nucléaire iranien. Et deux semaines aussi avant l’abordage tragique du Mavi Marmara par Tsahal.

De là à y voir un lien de cause à effet, seuls les médias israéliens s’y sont jusque là risqués…
 

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