IRAK

Les troupes de combat américaines ont quitté l'Irak

Un convoi de brigades de combat américaines quitte l'Irak par la frontière koweitienne, le 16 août 2010 au petit matin.
Un convoi de brigades de combat américaines quitte l'Irak par la frontière koweitienne, le 16 août 2010 au petit matin. AFP PHOTO/US ARMY/SGT KIMBERLY JOHNSON

Après sept ans et demi sur le sol irakien, les derniers combattants américains sont partis, avec douze jours d'avance sur le calendrier fixé par Barack Obama. Les 56 000 militaires qui restent auront une mission de formation et de conseil auprès de l'armée et de la police irakienne.

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Par Nicolas Didier

La 4e brigade de la 2e division d'infanterie de l'armée américaine était la dernière brigade de combat en Irak. Elle a quitté le pays dans la nuit du 18 au 19 août, en franchissant la frontière koweïtienne.

Le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley, a évoqué un « moment historique ». Il a tenu à rappeler que la présence américaine en Irak était toujours solide. « Nous ne mettons pas fin à notre engagement en Irak. Ce n'est pas la fin de quelque chose, mais une transition vers quelque chose de différent. Nous sommes engagés à long terme en Irak », a-t-il expliqué.

Le bilan de l'intervention en Irak, qui a commencé en mars 2003 dans le but de renverser le régime de Saddam Hussein, est lourd. D'après le secrétaire à la Défense Robert Gates, 4 419 soldats américains y ont perdu la vie. Pour financer cette guerre de plus de sept ans, les Etats-Unis ont engagé près de mille milliards de dollars, sans compter les dépenses indirectes.

L'ensemble des troupes américaines devrait avoir quitté le pays d'ici à la fin 2011

Les militaires américains étaient 140 000 en Irak en janvier 2009, au moment de la prise de fonction de Barack Obama. Après le retrait de la 4e brigade, ils ne sont plus que 56 000, et les effectifs devraient tomber à 50 000 au 31 août prochain. Les militaires qui resteront auront un rôle de formation et d'assistance auprès des soldats et des policiers irakiens, sans participer directement aux opérations de maintien de l'ordre.

Selon un accord conclu entre Washington et Bagdad, l'ensemble des troupes américaines devrait avoir quitté le pays d'ici à la fin 2011. Le général Babaker Zebari, chef d'état-major de l'armée irakienne, a cependant averti la semaine dernière que ce retrait total était prématuré. Selon lui, ses forces ne seront pas en mesure d'assurer pleinement la sécurité du pays avant 2020.

A l'heure du premier bilan, le gouvernement américain ne manquera pas de souligner la baisse de la violence dans le pays. Selon l'organisation Iraq Body Count, 4 650 civils ont été tués en 2009, le chiffre le plus faible enregistré depuis le début de l'invasion. Enfin, 52% des Irakiens interrogés par la BBC en février 2009 estimaient que la sécurité avait progressé dans le pays.

Des sous-traitants privés pour garantir la sécurité des diplomates

Toutefois, le départ des troupes de combat américaines a lieu dans un contexte tendu. Mardi 17 août 2010, un attentat-suicide attribué à al-Qaïda a fait près de 60 morts et au moins 100 blessés à proximité d'un centre de recrutement de l'armée irakienne. Le retrait intervient également alors que le pays connaît une profonde crise politique. Cinq mois après les élections législatives du 7 mars, les principaux partis ne parviennent pas à s'entendre pour former un nouveau gouvernement.

Le département d'Etat américain compte désormais sur des sous-traitants privés pour garantir la sécurité des diplomates, ainsi que pour protéger la population des violences d'al-Qaïda et des milices islamistes. Le Pentagone devrait doubler les effectifs des salariés des sociétés privées de sécurité en Irak, pour les porter à près de 7 000.

Le recours accru à ce type de compagnies pourrait être source de conflit avec Bagdad. Les dirigeants irakiens se méfient en effet de ces employés étrangers, après une série de bavures ayant coûté la vie à des civils. Cinq agents de la société Blackwater avaient été accusés d'avoir causé la mort de 17 Irakiens désarmés lors d'une fusillade, le 16 septembre 2007 à Bagdad. Si les poursuites ont été abandonnées dans cette affaire, les employés des compagnies de sécurité envoyés sur place ne jouiront d'aucune immunité. Ils pouront être poursuivis par la justice irakienne.

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