Yémen / Etats-Unis

Nouvelle menace terroriste d'al-Qaïda contre les Etats-Unis

Anouar al-Aoulaki sur une image extraite d'une vidéo datant du 8 novembre 2010 provenant du site internet muslim.net.
Anouar al-Aoulaki sur une image extraite d'une vidéo datant du 8 novembre 2010 provenant du site internet muslim.net. REUTERS/muslm.net

Al-Qaïda dans la péninsule arabique, le groupuscule terroriste considéré comme responsable de l'envoi des colis piégés découverts à Londres et à Dubaï il y a dix jours, renouvelle ses menaces à l'encontre des Etats-Unis. Dans une vidéo mise en ligne sur Internet, c'est une nouvelle fois l'imam Anouar al-Aoulaki, l'un des terroristes les plus recherchés par l'administration Obama, qui prend la parole et appelle les militants du monde entier à tuer les citoyens américains.

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La CIA est à ses trousses et cherche à l'éliminer par tous les moyens. La justice yéménite l'a condamné par contumace et placé sur sa liste rouge. Pourtant, Anouar al-Aoulaki se joue de ses poursuivants et continue de propager ses appels à la guerre sainte contre les infidèles.

Dans cette vidéo, il apparaît en tenue traditionnelle, poignard à la ceinture, et s'en prend une nouvelle fois aux citoyens des Etats-Unis : « c'est eux ou nous », lance-t-il, « n'hésitez pas à tuer les Américains ». Dans sa ligne de mire, on trouve aussi l'Iran, qu'il accuse de « répandre une idéologie déviante ». Autrement dit, d'être chiite, alors que la mouvance radicale est sunnite.

Considéré comme la tête pensante d'al-Qaïda dans la péninsule arabique, al-Aoulaki poursuit sa guerre de la communication. C'est lui qui a créé le magazine Inspire, la première revue de propagande terroriste en anglais, qui trouve un large écho chez les jihadistes du monde entier. En anglais, parce que Anouar al-Aoulaki est né sur le sol américain en 1971, et parfaitement bilingue.

Selon les spécialistes, pour la seule année 2010, il serait déjà parvenu à attirer au Yémen plus de 30 combattants nés aux Etats-Unis et prêts à monter des attentats contre leur pays d'origine.

Avec notre correspondant à Washington, Raphaël Reynes

Selon le Centre pour les droits constitutionnels et l'Association américaine pour les libertés civiles, le tribunal fédéral doit imposer au gouvernement de retirer le nom d'Anouar al-Aoulaki de la liste des personnes à capturer « mortes ou vives ».

Il s'agit d'un citoyen américain et la Constitution des Etats-Unis lui confère le droit à un procès en bonne et due forme, estiment en somme les deux organisations. Et au delà de ce cas précis, c'est le principe même de cette liste qu'elles remettent en question.
De son côté, le ministère de la Justice ne confirme pas l'existence d'une telle liste, ni le fait qu'al-Aoulaki s'y trouve.

Mais l'administration américaine laisse entendre qu'elle pourrait invoquer le secret défense. « Si vous prononcez une telle injonction, argumente l'avocat de l'Etat, cela permettra à un leader d'al-Qaïda de continuer à planifier des opérations terroristes ». Et le ministère ajoute qu'al-Aulaqi peut tout à fait venir se défendre lui-même.

Droits contitutionnels des citoyens américains ou intrusion de la Justice dans des affaires dépendant exclusivement de l'exécutif et donc du président Barack Obama ? Le juge John Bates devrait décider d'ici quelques semaines s'il accepte ou non d'étudier la plainte sur le fond.

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