Irak

L'accord de partage politique mis en oeuvre en Irak

De droite à gauche : Iyad Allaoui, chef de la coalition Iraqiya, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, le président irakien Jalal Talabani et son homologue kurde Massoud Barzani, au Parlement à Bagdad, le 11 novembre 2010.
De droite à gauche : Iyad Allaoui, chef de la coalition Iraqiya, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, le président irakien Jalal Talabani et son homologue kurde Massoud Barzani, au Parlement à Bagdad, le 11 novembre 2010. Reuters

Au terme de huit mois de paralysie, les responsables irakiens se sont entendus sur l'attribution des trois principaux postes politiques : le chiite Nouri al-Maliki comme Premier ministre, le Kurde Djalal Talabani a été réélu au poste de chef de l'Etat. Un peu plus tôt, le poste de président du Parlement était revenu à Oussama al-Noudjaïfi, un sunnite proche de l'ancien Premier ministre Iyad Allaoui, arrivé de justesse en tête des élections législatives le 7 mars dernier.

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Avec notre correspondante à Bagdad, Fatma Kizilboga

Les Irakiens ne s’attendaient pas à une sortie de crise aussi rapide. Ni même les députés du Bloc irakien qui ont choisi de boycotter l’élection présidentielle en quittant l’hémicycle. Ces derniers soutenus par le leader de leur formation pro-sunnite, le laïc Iyad Allaoui, exigeaient que le Parlement vote, au préalable, une loi mettant officiellement fin au programme de débaasification. Une demande rejetée par le président du Parlement fraîchement élu Oussama al-Noujaifi.

C’est donc en l’absence de plus d’un tiers des élus que c’est déroulé le scrutin présidentiel, 57 députés étant actuellement en pèlerinage à la Mecque en cette veille de la fête de l’Aïd al-Adha.

Sans surprise, c’est donc le Kurde Jalal Talabani, âgé de 77 ans, qui a été reconduit à ses fonctions pour un mandat de quatre ans. Aussitôt, le nouveau chef de l’Etat a désigné son Premier ministre Nouri al-Maliki, qui conserve son fauteuil au terme de huit mois de tractations politiques. Le favori du régime de Téhéran dispose désormais d’un mois pour former le prochain cabinet.

Un échec pour les États-Unis

Barack Obama, le président américain, décidé à respecter le calendrier du retrait total de ses troupes prévu fin 2011, et qui craint que l’Irak ne tombe dans les mains de l’Iran, avait demandé à Jalal Talabani de céder le poste de président de la République au laïque Iyad Allaoui. Mais les kurdes ont refusé de faire la moindre concession sur la question. C’est donc un nouvel échec pour les Américains dans le bilan de la guerre en Irak, puisque la chute du régime de Saddam Hussein aura sans doute davantage profité à l’Iran qu’aux États-Unis.
 

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