Accéder au contenu principal
Arabie saoudite

En Arabie saoudite, la prison pour une employeuse tortionnaire

A Jakarta, en Indonésie, une manifestation contre les totures infligées aux travailleurs domestiques d'Arabie saoudite, le 19 novembre 2010.
A Jakarta, en Indonésie, une manifestation contre les totures infligées aux travailleurs domestiques d'Arabie saoudite, le 19 novembre 2010. AFP / ADEK BERRY
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Un tribunal de Médine, dans l'ouest de l'Arabie saoudite, a condamné le 9 janvier 2011 une Saoudienne à trois ans de prison pour avoir maltraité une domestique indonésienne. Jamais une telle condamnation n'avait encore été prononcée dans le pays. La tortionnaire était poursuivie pour avoir violemment battu et brûlé sa domestique.

Publicité

Avec notre correspondante à Riyad, Clarence Rodriguez

Trois ans de prison pour cette saoudienne tortionnaire. Un verdict contesté par un diplomate indonésien qui espérait sans doute quinze ans, la peine maximum.

Au-delà de cette condamnation, il faut surtout y voir une première victoire pour ces un million et demi de travailleuses domestiques embauchées par des familles saoudiennes. C’est en effet la première fois qu’un employeur tortionnaire, une femme de surcroît, est condamnée à une peine de prison.

Avant cette condamnation sans précédent, les poursuites pénales contre les employeurs abusifs existaient mais elles n’étaient pas suivies d'effet. Non seulement les tortionnaires n’étaient pas punis, pire ils s’arrangeaient pour accuser les domestiques de sorcellerie, de vols ou d’adultère, des faits sévèrement punis en Arabie saoudite.

Le travail des domestiques en Terre sainte de l’islam s’apparente davantage à de l’esclavage. C’est ce que dénonce depuis des années Human Rights Watch. L’organisation non gouvernementale continue d’exhorter les autorités saoudiennes à réformer le système du kafala (tutelle légale dans le droit musulman) ou parrainage. Ce système restrictif lie les visas des travailleuses à leurs employeurs, les empêchant même de travailler ailleurs ou de quitter le pays.

Sans compter que ces femmes, venues pour la plupart du Sri Lanka, Philippines ou Indonésie, doivent s’acquitter d’une forte somme d’argent versée à leur « parrain ».
 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.