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Liban

Liban : Najib Mikati, candidat du Hezbollah, nommé Premier ministre

Le président de la République libanaise, Michel Sleiman (d), a reçu au palais présidentiel le Premier ministre Najib Mikati (g), le 24 janvier 2011.
Le président de la République libanaise, Michel Sleiman (d), a reçu au palais présidentiel le Premier ministre Najib Mikati (g), le 24 janvier 2011. REUTERS/Dalati Nohra/Handout
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Najib Mikati est le nouveau Premier ministre du Liban. Il a accepté le poste que lui a proposé le président de la République après avoir obtenu le soutien de 68 députés. Saad Hariri a obtenu, lui, 60 voix. La désignation de Najib Mikati est intervenue après une longue journée de colère décrétée par le parti de Saad Hariri, qui s’est transformée en journée de violence.Les partisans de l’ancien Premier ministre ont bloqué des routes à l’aide de pneus enflammés, ont brulé des véhicules appartenant à des chaines de télévisions libanaises et arabes, et ont déchiré des portraits de son successeur, Najib Mikati.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalife

Les manifestations les plus violentes se sont déroulées à Tripoli, la ville natale de Najib Mikati, dans le Nord-Liban. Plusieurs centaines de personnes ont scandé des slogans hostiles au nouveau Premier ministre, l’accusant d’avoir trahi la communauté sunnite. La foule s’en est pris aux journalistes, dont un groupe, se sentant physiquement menacé, s’est réfugié dans un bâtiment.

Même scène à Beyrouth, où les violences étaient concentrées dans les quartiers sunnites. Des groupes de jeunes ont mis le feu aux poubelles, bloquant les routes et jetant des pierres sur les voitures. En fin de matinée, l’armée libanaise a dépêché d’importants renforts sur les points chauds. Des troupes d’élites ont été envoyées à Tripoli, pour contenir d’éventuels débordements.

En début d’après-midi, Saad Hariri a dénoncé les actes de violence et appelé ses partisans au calme.

Najib Mikati est un sunnite comme Saad Hariri et comme l’exige la Constitution libanaise pour le fauteuil de Premier ministre. C’est aussi, comme Saad Hariri, un homme d’affaires.

Il a fait fortune dans les télécommunications et dans le prêt-à-porter. Mais Najib Mikati ne pèse pas du même poids politique que Saad Hariri. Et la rue sunnite le conteste même comme un traitre à sa confession. Les Sunnites sont en effet largement convaincus de la culpabilité du Hezbollah dans l’assassinat en 2005 de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri. Mikati avait alors assuré l’intérim.

Depuis lors, et en particulier avec la création d’un Tribunal spécial, chargé de faire la lumière sur la question, le fossé politique s’est creusé avec les chiites. Qu’ils appartiennent au Hezbollah ou bien au Amal du président du Parlement Nabih Berry, les chiites sont en effet persuadés que l’objectif de ce tribunal soutenu par les Occidentaux, Washington en tête, est de désarmer le Hezbollah.

C’est aussi l’avis des chrétiens de l’opposition, partisans du général Aoun, dont les ministres ont sabordé le gouvernement Hariri en démissionnant le 12 janvier. Depuis, leur objectif était de trouver un Premier ministre qui puisse marquer ses distances vis-à-vis du tribunal, ce qu’ils ont cru un temps pouvoir obtenir de Saad Hariri. Ils ont en revanche obtenu le ralliement du druze Walid Joumblatt. C’était suffisant pour faire nommer Mikati. Mais pas pour régler la crise.

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