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Bahrein

Bahreïn : l’état d’urgence est levé mais la tension reste vive

La destruction du campement des opposants sur la place de la Perle, à Manama, le 17 mars 2011.
La destruction du campement des opposants sur la place de la Perle, à Manama, le 17 mars 2011. REUTERS/Hamad I Mohammed
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Malgré l’assouplissement du dispositif militaire et la levée de l’état d’urgence décrété la veille, le calme restait précaire jeudi 2 juin 2011 à Bahreïn. De petits groupes d’opposants qui avaient tenté de manifester mercredi dans des villages chiites autour de Manama ont été systématiquement dispersés par la police. Et les autorités ont averti qu'elles agiraient avec « fermeté » en cas de nouveaux troubles, en référence à la vague de protestations et à sa répression qui ont fait 24 morts entre la mi-février et la mi-mars.

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A Bahreïn, les opposants ne désarment pas. Issus pour la plupart des rangs de la majorité chiite du royaume, ils tentent de braver les menaces des autorités qui ont prévenu que malgré la levée de l’état d’urgence, aucun débordement ne serait toléré.

Selon des témoignages de militants, des manifestations ont été empêchées mercredi dans des villages chiites autour de la capitale Manama. La police, présente en force autour de ces localités, aurait pourchassé les manifestants et lancé des grenades lacrymogènes. Les forces de l’ordre procédaient aussi à des contrôles systématiques des véhicules.

Dans la journée pourtant, l'armée retirait ses unités de Manama, en application de la levée de l'état d'urgence imposé depuis la mi-mars. Les rues de la capitale étaient calmes et le camp militaire installé près de la place de la Perle, l’immense carrefour qui servait de point de ralliement aux protestataires, s'est réduit à la présence de quelques blindés.

Mardi, le roi Hamad ibn Issa al-Khalifa, dont la dynastie sunnite règne sur l'île depuis plus de deux siècles, a prononcé un discours offrant d'ouvrir le dialogue avec l'opposition. Le pouvoir espère ainsi envoyer un signal positif aux touristes et aux investisseurs.

La journée de vendredi s’annonce tendue

La France a salué cet appel au dialogue national, jugé également comme « une avancée positive » par les Etats-Unis, dont la Ve flotte est basée à Bahreïn. Le président Barack Obama avait critiqué la répression du mouvement de contestation et incité les dirigeants de Manama à un dialogue pacifique avec leurs opposants.

Mais dans le même temps, les autorités ont averti qu'elles agiraient avec « fermeté » en cas de nouveaux troubles. La vague de protestations et sa répression ont fait entre la mi-février et la mi-mars 24 morts.

Dans un communiqué, l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a mis en garde contre un recours « excessif » à la force contre les protestataires qui ont prévu de manifester. « Avec la levée de l'état d'urgence, les autorités doivent permettre aux gens d'exercer pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression et de rassemblement ».

Des détenus auraient été torturés

Vingt et une personnalités de l'opposition, dont sept sont à l'étranger, sont poursuivies devant des tribunaux militaires pour tentative de renversement de la monarchie. Selon des militants des droits de l'homme, certains détenus ont été torturés. De futures condamnations prononcées par les tribunaux militaires pourraient remettre le feu aux poudres.

La journée de vendredi 3 juin s’annonce tendue : les opposants expriment sur internet leur volonté de manifester sur la place de la Perle, épicentre de la contestation que les autorités ont rasée au cours de la répression.

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