Turquie / Syrie

Afflux massif de réfugiés syriens en Turquie

Des ambulances turques ont accueilli des réfugiés syriens blessés.
Des ambulances turques ont accueilli des réfugiés syriens blessés. REUTERS/Anatolian/Ismihan Ozguven
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le Conseil de sécurité de l’ONU a commencé à débattre d’un projet de résolution sur la Syrie, un projet préparé par les Européens. Il appelle aussi les autorités de Damas à réformer et à lever le siège des villes où la contestation culmine. Une contestation qui dure depuis trois mois et qui est violemment réprimée dans le sang. Actuellement, des Syriens fuient dans le nord du pays de peur d’une opération militaire d’envergure. Beaucoup d’entre eux se dirigent vers la Turquie voisine.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Le mouvement de population est important. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a évoqué mercredi soir le chiffre total de plus de 1 600 entrées de Syriens depuis avril et surtout au moins un millier de personnes arrivées rien qu’au cours de la journée d’hier avec de nombreux blessés.

C’est la première fois que de telles statistiques sont communiquées. Jusque là, les autorités observaient une grande discrétion sur le sujet et on découvre des bilans en rapide augmentation.

Les réfugiés syriens en Turquie

Le chef du gouvernement l’a dit, il n’est pas question de fermer la porte à ces Syriens qui fuient la répression, qui sont accueillis essentiellement dans la région du Sandjak d'Alexandrette, près de la Méditerranée. C’est à moins de 25 kilomètres de Jisr al-Choughour où aurait eu lieu le massacre de 120 policiers. Mais plusieurs autres points de passage sont aussi sur le pied de guerre le long de la frontière turco-syrienne.

Il faut savoir que cette frontière entre les deux pays est longue. Elle fait environ 800 kilomètres, mais elle est minée sur quasiment toute sa longueur. En tout cas, à Yayladagi où un premier camp de réfugiés avait été installé dès avril, la capacité d’accueil est constamment revue à la hausse et les autorités préparent maintenant les moyens d’accueillir quelque 10 000 réfugiés.

La délicate position de la Turquie

Il est clair que le gouvernement turc est gêné et même dérangé, « mal à l’aise », disait hier le Premier ministre par cette crise syrienne. Le chef de la diplomatie expliquait qu’Ankara essayait d’abord de coordonner la gestion de ce flux de réfugiés avec les Syriens mais il n’y a pas d’autre explication.

Pour Ahmet Davutoglu, ministre des Affaires étrangères, les Turcs semblent vouloir toujours croire en une solution pacifique et dans la continuité, avec le maintien de l’équipe en place, le régime de Bachar el-Assad. Les réformes, le changement doivent intervenir rapidement, a-t-il dit, expliquant que « la Syrie n’était pas un pays comme les autres et que sa déstabilisation menaçait la région ». Ankara ne souhaite donc pas le départ du dirigeant syrien pour l’instant.

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