Jordanie

Jordanie: jets de pierres contre le convoi du roi, le gouvernement dément

Le roi Abdallah II de Jordanie.
Le roi Abdallah II de Jordanie. AFP/Khaled Desouki
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Malgré une opposition divisée, une mobilisation qui semblait s’affaiblir de jour en jour et l’allocution d’un discours ce dimanche 12 juin qui ressemblait bien à la fin de la récréation dans les troubles qui secouent son royaume, le cortège du roi Abdallah II a été attaqué par des jeunes ce lundi. Les autorités gouvernementales se sont empressées de minimiser l’incident.

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Avec notre correspondante à Amman, Angélique Férat

Le cortège du roi jordanien a été visé par des jeunes. Ils ont lancé des pierres et des bouteilles. Le souverain s’était rendu en visite ce lundi, dans la ville de Tafileh, au sud du royaume.

Quelques heures plus tard, le porte-parole du gouvernement affirmait que rien ne s’était passé. Même si personne n’a été blessé, il semble bien que l’incident ait bien eu lieu. Même si sur le plan politique sa signification paraît relative, l’incident illustre bien la frustration d’une partie de la population jordanienne. La famille royale est de plus en plus critiquée.

Tafileh, ville du sud à l'économie exsangue, voit gonfler depuis peu son mouvement de contestation. Ce vendredi 10 juin, 3 000 personnes ont défilé pour demander la chute du gouvernement. Une Commission de dialogue national a été mise en place mais ses recommandations rendues la semaine dernière sont limitées.

Et le discours à la nation prononçait dimanche soir par le roi n’avait rien de progressiste.
Le souverain promet des réformes mais pas de grand changement au nom de la concorde nationale et de l’unité nationale. Il a appelé son peuple à stopper les manifestations.

Pour l’opposition, le roi continue de décevoir son peuple. « Le discours du Roi était bien en deçà des attentes de la population. Abdallah II retarde les réformes. Les gens attendent du Roi des mesures concrètes, ils veulent qu’il abandonne une partie de son pouvoir », affirme Jamal Tahat, un opposant.

Dimanche, la commission anti-corruption a mis en cause des anciens ministres au sujet d'un programme d’habitat social. Le dossier est aujourd’hui entre les mains de l’actuel Premier ministre.

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