Turquie /Syrie

La Turquie aide les réfugiés syriens au-delà de ses propres frontières

Un camp de réfugiés syriens à Yayladagi en Turquie le 19 juin 2011.
Un camp de réfugiés syriens à Yayladagi en Turquie le 19 juin 2011. REUTERS/Umit Bektas
Texte par : RFI Suivre
7 mn

La Turquie a commencé à fournir, côté Syrie, une aide aux réfugiés qui fuient la répression  du régime de Damas et qui se massent à la frontière. C'est la première fois que les autorités turques mènent ce type d’opération humanitaire. La plupart de ces personnes viennent de Jisr al-Choughour et des régions où les forces de sécurité syriennes ont mené de meurtrières opérations de ratissage.

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Avec notre envoyé spécial à la frontière turco-syrienne, Jérôme Bastion

Pour aller plus loin

La décision en avait été prise par le ministre turc des Affaires étrangères lors de sa visite surprise ici mercredi dernier. Ahmet Davutoglu avait visité les camps du Croissant-Rouge et était venu jusqu’à la frontière pour se rendre compte par lui-même de la situation ; il avait ensuite notifié cette décision à l’envoyé spécial de Bachar el-Assad qui, au même moment l’attendait à Ankara.

Dans le tout premier camp de Yayladagi, les enfants jouent et chantent des chants anti-Bachar el-Assad.

Dans le camp de Yayladagi

Ce 19 juin au matin, l’agence de gestion des Catastrophes et des situations d’urgence vient d’annoncer officiellement le début de ces opérations de distribution, avec l’aide de l’armée qui contrôle la zone, ce qui empêche d’ailleurs de constater visuellement côté turc la réalité de ces livraisons. En fait, il est connu que quelques organisations non gouvernementales turques faisaient déjà passer, de nuit, des produits de première nécessité de l’autre côté de la frontière, et ce bien sûr au vu et au su des soldats garde-frontière qui fermaient les yeux.

C’est le Croissant Rouge turc, une agence officielle donc, qui est chargé de cette distribution, qui se fait sans pénétrer sur le territoire syrien, au « point 0 » comme on dit. Mais cela signifie tout de même que cette opération constitue quasiment un acte d’ingérence humanitaire, ce qui est tout-à-fait nouveau pour la Turquie. Et cela dénote de la part d’Ankara un agacement de plus en plus grand, après avoir accueilli déjà 10 553 citoyens syriens, selon le dernier décompte officiel. Progressivement, la Turquie coupe les ponts avec Damas.

Le président du CICR à Damas

Jakob Kellenberger, le président du Comité international de la Croix-Rouge est en visite pour deux jours à Damas, en Syrie. Il doit mener des rencontres avec des dirigeants syriens de premier plan : le Premier ministre Adel Safar ainsi que le ministre des Affaires étrangères et des Expatriés, Walid Muallem, pour demander une nouvelle fois l'accès aux personnes touchées par les violences. Le CICR est très clair : il ne s'agit pas de préparer une intervention d'ONG étrangères, mais de rappeler le droit des Syriens à être protégés de cette violence qui fait de nombreuses victimes un peu partout dans le pays.
Le CICR demande en outre de faciliter l'accès du Croissant-Rouge syrien aux blessés, le Croissant-Rouge avec qui la Croix-Rouge collabore depuis longtemps et qui coordonne les activités humanitaires dans le pays. La Croix Rouge internationale avait mené au mois de mai avec le Croissant-Rouge quelques visites à Deraa, dans le sud de la Syrie, Tartous sur la côte et Homs dans le centre, visites qui leur avaient permis de constater les besoins des hôpitaux. Le président du Comité international de la Croix-Rouge réclame également que le travail du personnel médical puisse être fait en toute sécurité ainsi qu’un accès aux détenus.
Le CICR est présent en Syrie depuis plus de 40 ans, depuis 1967 et la première occupation du Golan par Israël.

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