EGYPTE

Le sit-in de la place Tahrir s’interrompt pendant le ramadan

Un Egyptien marche, le 8 juillet 2011, le long de tentes installées place Tahrir pour le sit-in.
Un Egyptien marche, le 8 juillet 2011, le long de tentes installées place Tahrir pour le sit-in. Reuters/Amr Abdallah Dalsh
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La plupart des partis et mouvements qui occupaient la place Tahrir au Caire depuis le 8 janvier ont annoncé qu’ils suspendaient leur action, dimanche 31 juillet 2011. Six mouvements ont néanmoins indiqué qu’ils ne partiraient pas, attendant  le procès de l’ex- président Moubarak le 3 août avant de prendre une décision.

Publicité

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Officiellement ceux qui ont quitté la place Tahrir l’ont fait pour faciliter la vie aux Egyptiens durant le ramadan. Ils ne veulent pas rajouter aux bouchons de la circulation qui s’aggravent durant le mois de jeûne, en gardant fermée la place centrale du Caire. Mais certains, comme Alya el-Hosseini, étudiante, ont décidé de rester, au moins jusqu'au début du procès de Moubarak, le 3 août.

Le sit-in continue. Les gens attendent le procès de tous ceux qui sont responsables des massacres qui ont lieu pendant la révolution.

Alya el Hosseini

Mais ce que ces mouvements omettent de dire, c’est qu’ils ont été pratiquement chassés de la place par les islamistes lors de la grande manifestation du vendredi. Une manifestation où les salafistes, majoritaires sur la place, ont exigé l’instauration d’un Etat islamique. Cette revendication était une rupture de l’accord conclu avec les partis et les mouvements laïcs sur la nature non partisane de la manifestation. Les partis multiplient eux les attaques contre la démonstration de force des islamistes qu’ils estiment être une tentative de diktat.

Cette démonstration de force des salafistes a préoccupé jusqu’à leurs alliés Frères musulmans, qui se sont trouvés dépassés sur leurs revendications politico-religieuses. Le Conseil suprême des forces armées est resté muet en prétextant une neutralité qui ne l’avait pas empêché de critiquer certaines formations laïques auparavant. La grande inconnue reste l’opinion publique, dont chacune des parties se prévaut, mais qui est difficile à déterminer faute de sondages.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail