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Proche-Orient / Turquie

La colère d’Ankara après la publication du rapport de l’ONU sur la flottille pour Gaza

Neuf militants turcs avaient été tués lors de l’arraisonnage du Mavi Marmara, le 31 mai 2010.
Neuf militants turcs avaient été tués lors de l’arraisonnage du Mavi Marmara, le 31 mai 2010. AFP PHOTO/MUSTAFA OZER
Texte par : RFI Suivre
5 mn

La Turquie expulse l’ambassadeur israélien à Ankara et suspend ses accords militaires avec l’Etat hébreu. Ce sont les premières conséquences de la publication, ce vendredi 2 septembre 2011, du rapport d’enquête de l’ONU sur l’affaire de la flottille pour Gaza. L’assaut en mai 2010 d’un bateau qui tentait de briser le blocus de l’enclave palestinienne avait fait 9 morts, tous des militants turcs pro-palestiniens. Une opération de la marine israélienne jugée « excessive » par les enquêteurs de l’ONU qui ne contestent toutefois pas à l’Israël la légalité du blocus naval.

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Avec nos correspondants à Istanbul et Jérusalem, Jérôme Bastion et Nicolas Falez

Le rapport de l’ONU qui a fuité ses dernières heures considère qu’Israël a fait un usage « excessif et déraisonnable » de la force le 31 mai 2010 lorsque ses commandos ont pris d’assaut le bateau turc Mavi Marmara. Néanmoins, le document affirme que les soldats ont fait face à une résistance « organisée et violente » de la part de certains passagers. En conclusion, les enquêteurs onusiens suggèrent que l’Etat hébreu exprime ses regrets.

Des regrets et pas des excuses, c’est ce qui provoque donc la colère de la Turquie. La fureur d’Ankara était prévue puisque la Turquie avait prévenu qu’il n’était pas question de normaliser ses relations avec l’Etat hébreu sans excuses officielles, indemnisations des familles des victimes et levée du blocus de Gaza.

Mais personne ne s’attendait à des représailles aussi radicales. Passe encore la réduction de la représentation diplomatique -il n’y a d’ailleurs plus d’ambassadeur turc en Israël depuis quinze mois- mais désormais c’est l’ambassadeur israélien à Ankara qui est persona non grata, passe encore l’annulation des accords militaires eux aussi gelés depuis l’an dernier, mais le recours à la Cour pénale internationale (CPI) par exemple est plus surprenant pour un pays qui n’a jamais fait confiance à cette juridiction.

Et ce n’est encore rien à côté de la décision qui consiste à promettre de garantir une totale liberté de circulation pour les navires turcs en Méditerranée orientale, ce qui implique jusqu’à plus ample explication un déploiement militaire turc devant les eaux israéliennes, Gaza notamment puisque c’est de cela qu’il s’agit, face à la marine de Tsahal avec les risques d’incidents qui y découlent d’un tel face à face.

Fin d’une relation privilégiée

De l’avis unanime en tout cas en Turquie, les relations entre les deux pays sont durablement détériorées. Il sera très difficile et très long de les restaurer et d’ailleurs le président Abdullah Gül vient à l’instant d’indiquer que ces mesures n’étaient qu’une première étape.

Israël et la Turquie avaient pourtant noué une alliance très forte au milieu des années 1990 avec des accords de coopération militaire et des échanges commerciaux intenses. Les relations ont commencé à se dégrader pendant la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza en 2008-2009. Puis il y a eu l’affaire de la flottille en mai 2010. Depuis les deux pays ont négocié plus ou moins discrètement pour tenter de remettre leurs relations sur les rails sans succès avec cette rupture consommée aujourd’hui.

Conséquence pour Israël, un isolement diplomatique qui s’accroit un peu plus à quelques semaines d’une assemblée générale de l’ONU. Une session qui examinera la question de l’Etat palestinien et durant laquelle les israéliens redoutent de se sentir bien seul face à ce qu’ils qualifient parfois de « tsunami diplomatique ».

Aujourd'hui nous avons atteint un point de non retour avec l’État d’Israël. L’État hébreu a épuisé toutes les chances que nous lui avons offertes. Le gouvernement israélien doit payer.

Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu

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