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AFGHANISTAN

L'Alliance du Nord, 10 ans après la mort de Massoud

Un portrait du commandant Massoud, dans la vallée du Pandjchir. L'icône de la résistance aux talibans y était particulièrement populaire.
Un portrait du commandant Massoud, dans la vallée du Pandjchir. L'icône de la résistance aux talibans y était particulièrement populaire. REUTERS/Mohammad Ismail

Le 9 septembre, le «Lion du Pandjchir» est mort, assassiné par des hommes d'al-Qaïda, la nébuleuse terroriste qui marchait main dans la main avec ces talibans qu'il combattait pour libérer son pays. Sous ses ordres, la fameuse Alliance du Nord. Que sont devenus ces hommes qui ont libéré leur pays ?

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L’Alliance du Nord

Pour comprendre ce qu'ont fait ces hommes depuis 2001 et la chute des talibans, il faut remonter au début de leur engagement, et donc à la rencontre avec Massoud.

Aroun Mir est aujourd'hui politologue en Afghanistan, à l'époque il était étudiant en maîtrise de physique, mais il a tout abandonné pour rejoindre Massoud et devenir son aide de camp : « J'étais tellement ébloui par sa personnalité, par son caractère, son patriotisme que je n’ai pas pensé à mon avenir - la vie à l'époque en Afghanistan c'était très difficile, surtout après la chute de Kaboul. On n'avait pas tellement d'espoir mais en travaillant avec Massoud, je n’ai jamais eu peur de quoi que ce soit. » Et Aroun Mir de louer « ce leader visionnaire, le seul homme dans le pays à avoir une vision pour l'Afghanistan. »

Cette fascination pour Massoud est partagée par beaucoup de ces combattants qui ont aussi appris la politique avec lui, et ont donc tenu à jouer ensuite un rôle dans la vie de la cité. De fait, bon nombre d'entre eux sont entré dans le premier gouvernement du président Hamid Karzaï : « C’est quand même l’Alliance du Nord qui a libéré Kaboul bien avant que les troupes américaines n’arrivent sur le sol, donc on ne pouvait pas ne pas leur donner des postes de confiance », explique Françoise Causse, auteur du livre Quand la France préférait les talibans.

Mais petit à petit, Karzaï s’est débarrassé des éléments de l’Alliance du Nord pour remplacer ces Tadjiks par ceux de son ethnie, les Pachtounes.

Le Front national pour l’Afghanistan

Cela ne décourage pas pour autant les anciens de l’Alliance du Nord, qui créent un rassemblement d’opposition, le Front national pour l'Afghanistan, que soutient Wali Massoud lui-même, le frère du commandant Massoud. « Pour compenser l’absence de feu Massoud », explique-t-il, il fallait « que tout le monde monte à bord pour mettre en place les projets qu’il avait pour le futur de l’Afghanistan ».

Mais il le reconnaît lui-même, le parti n’a pas acquis la popularité espérée, et son candidat lors de la présidentielle de 2008, Abdullah Abdulah, a perdu après avoir récolté un peu plus de 30% des voix au premier tour – et jeté l’éponge avant le second devant l’étendue des fraudes.

Aroun Mir, qui a lui aussi tenté d’entrer en politique sans succès – il a été battu à la législative de 2010 – est assez dur pour ses anciens frères d’armes, parlant du Front national pour l’Afghanistan comme d’une « alliance de circonstance » : « Ils n’avaient pas de vision pour l’Afghanistan, c’est pour ça que cette alliance n’a pas pu tenir très longtemps », aujourd’hui certains restent dans l’opposition politique, d’autres sont repassés du côté de Karzaï. Et Aroun Mir de se désoler devant l’absence de leaders politiques pour le pays.

Mais malgré tout, les anciens de l’Alliance du Nord gardent un prestige certain au sein de la population, au-delà même des différences d’ethnies. Françoise Causse cite ainsi le succès des meetings d’Abdullah Abdullah en 2008 pour sa campagne présidentielle, ou encore le cas de cet autre ancien, Younes Khanouni, qui s’était présenté à Kaboul lors des dernières législatives, et pour qui les Afghans cherchaient à voter même en Province… « Khanouni c’était Massoud, et c’est pour lui qu’on veut voter ».

A Canberra, Ban Ki-moon a souhaité que les Nations unies jouent un rôle de coordination dans la reconstruction de l'Afghanistan, au-delà de la date prévue pour le retrait de la force de sécurité internationale.

« Le pays sera engagé dans une difficile transition vers la paix et la stabilité, processus long et complexe. Il aura besoin d'un soutien international à long terme », a souligné le secrétaire général des Nations unies. « La communauté internationale ne doit pas abandonner l'Afghanistan à son propre sort elle a l'obligation de rester aux côtés des Afghans, même si les militaires se retirent », a-t-il ajouté.

Des experts de l'Otan pourraient rester sur place, en tant que conseillers. Ils auront pour mission la formation de l’armée nationale afghane et de la police.

Selon Ban Ki-moon, les Nations unies doivent déjà intervenir dans les négociations de paix en Afghanistan, en assurant une assistance politique et technique au gouvernement du président Hamid Karzaï, qui a engagé des négociations avec l'opposition politique, y compris avec les talibans. Il faut encourager ce dialogue, a insisté le chef de l'ONU.

Il y a en Afghanistan plus de 130 000 militaires internationaux, dont 100 000 américains et 33 000 GI's vont partir l'année prochaine. Selon le plan de retrait annoncé par Washington, toutes les troupes de combat seront parties fin 2014.

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