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Syrie

Nouveau vendredi sanglant en Syrie où les défections se poursuivent dans l’armée

Des manifestants hostiles au régime syrien protestent dans la ville portuaire de Tripoli, au nord du Liban, vendredi 14 octobre 2011.
Des manifestants hostiles au régime syrien protestent dans la ville portuaire de Tripoli, au nord du Liban, vendredi 14 octobre 2011. REUTERS/Omar Ibrahim
Texte par : RFI Suivre
8 mn

Douze personnes auraient été tuées vendredi 14 octobre en Syrie dans la répression des manifestations dédiées aux soldats ralliés à la contestation qui luttent désormais par les armes contre les troupes du régime. Les Syriens sont descendus par milliers dans les rues de nombreuses villes, en dépit du déploiement massif des forces de sécurité, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

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A l'appel des mouvements en faveur de la démocratie, des milliers de manifestants seraient descendus dans la rue pour rendre hommage aux « hommes libres de l'armée » qui, selon leur page Facebook, seraient une dizaine de milliers.

Les troupes déployées pour étouffer ces manifestations contre le régime ont tiré pour disperser les contestataires, faisant au moins douze morts : neuf dans la région de Deraa dans le sud, deux près de la capitale et un autre à Alep.

La répression n'est pas seulement menée par les forces de sécurités syriennes, mais aussi par des homme de main payés par le régime et appelés «Chabiyas».

... Les Chabiyas, eux, leur principal travail c'est de terroriser, de faire les basses oeuvres, de tuer, de torturer et de démembrer ou de brûler les corps et de les envoyer aux familles. Ils sont là pour effrayer les gens et les empêcher de revenir manifester. En général, ils se réunissent deux heures avant l'heure de la manifestation prévue juste après la grande prière du vendredi et on leur donne un mot de passe secret. Ensuite, ils se dispersent dans la ville, ils se mêlent aux manifestants et commencent à les pousser, à les provoquer ou enlèvent les militants les plus actifs. Et si jamais les services de renseignement ou l'armée essayent de les arrêter, ils utilisent alors leur mots de passe et peuvent ainsi continuer leur travail tranquillement, car ils savent que ce sont les Chabiyas. Voilà comment ça marche.

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Nombreuses défections dans l'armée

Parallèlement aux manifestations pacifiques violemment réprimées, des accrochages armés ont éclaté entre les militaires et des déserteurs dans la région de Damas. Des échanges de tirs ont également eu lieu à Homs dans le centre du pays. Les ONG syriennes affirment que de nombreux soldats font défection et s'engagent dans la lutte armée.

La haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, craint une « guerre civile » en Syrie et appelle la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour protéger les civils. D'après les Nations unies, la répression a déjà fait 3 000 morts et des milliers de personnes ont été arrêtées et sont actuellement détenues par un régime qui n'hésite pas à utiliser la torture.
 

« Les informations en provenance de Syrie sont très préoccupantes. Les victimes ont été tuées par des snipers, ou avec l'emploi de l'artillerie lourde. Il y a eu aussi des militaires qui ont fait défection parce qu'ils refusaient de tirer sur la foule et qui ont été tués d'une balle dans la tête. Depuis quelques temps, il semble qu'il y ait une escalade de la violence contre les civils. Nous craignons que si la situation ne change pas, le pays ne bascule dans la guerre civile. Et malgré la situation, nous n'avons pas vu beaucoup de réactions de la part de la communauté internationale. Et nous avons peur que, malgré nos efforts, rien ne se passe. Les gens continuent à être tués chaque jour. Il est donc important que la communauté internationale prenne la mesure de la situation et qu'elle prenne des actions concrètes. »

(propos recueillis parMuriel Paradon)

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