Syrie

Les Syriens manifestent pour soutenir les déserteurs de l'armée

Depuis le mois de mars 2011, les Syriens exigent des réformes et manifestent dans tout le pays (photo prise le 18 novembre 2011).
Depuis le mois de mars 2011, les Syriens exigent des réformes et manifestent dans tout le pays (photo prise le 18 novembre 2011). REUTERS / Handout
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Des milliers de Syriens ont manifesté ce vendredi 25 novembre 2011 dans de nombreuses villes du pays pour apporter leur soutien aux déserteurs de l'armée et appeler à la chute du régime de Bachar el-Assad, malgré la répression qui a encore fait six morts. L'Armée syrienne libre (ASL), dont le chef Riad al-Assaad est basé en Turquie et compterait 20 000 militaires dissidents, a revendiqué ces derniers jours une série d'attaques contre l'armée régulière chargée de réprimer la révolte populaire.

Publicité

Le délai fixé par la Ligue arabe à la Syrie pour qu'elle accepte la présence d'observateurs sur son territoire a expiré vendredi à la mi-journée. Le pouvoir syrien est sur la sellette en raison de la répression sanglante du mouvement de contestation qui a fait au total 3 500 morts selon les Nations unies. L'armée syrienne a annoncé la mort de dix militaires, dont six pilotes de l'armée de l'air, dans une attaque terroriste menée, selon elle, avec l'appui de l'étranger.

L'agence officielle syrienne Sana a de son côté fait état d'immenses manifestations de partisans du régime à Damas et Alep, pour dénoncer les décisions de la Ligue arabe menaçant la Syrie de sanctions économiques. La crise éconmique est profonde dans le pays, comme l'explique Peter Harling, consultant pour l'International Crisis Group, interrogé par RFI.

Les signaux d'effondrement économique sont maintenant de plus en plus clairs. Il y a une inflation galopante. De nombreux produits commencent à manquer y compris des produits de première nécessité comme le lait en poudre pour enfants ou des médicaments, y compris en plein Damas...La dynamique économique est clairement en train de changer à tel point que l'essentiel de la classe d'affaire est très hostile au pouvoir.

Peter Harling, consultant pour l'International Crisis Group

De leur côté, les partisans du changement avaient appelé à manifester ce vendredi pour soutenir les déserteurs regroupés dans l'Armée libre syrienne. L'objectif de ce soutien, selon Abdulhamid al-Atassi, membre du parti démocratique syrien et du Conseil national syrien, n'est nullement de lancer une lutte armée mais au contraire de protéger leur révolution pacifique.

Une partie de cette armée se désolidarise de l'armée et prend le côté des manifestants, le côté de la révolution. De plus en plus, elle prend la charge de défendre les manifestants, et ça, ça va changer petit à petit l'équilibre des forces sur le terrain.

Abdulhamid Al Atassi membre du parti démocratique syrien et du Conseil national syrien

Sur le plan diplomatique, la Russie demande à la France de clarifier son idée de couloirs humanitaires en Syrie. Moscou réitère son opposition à des sanctions internationales contre le régime de Bachar el-Assad et prône un dialogue intersyrien.

De leur côte, le Premier ministre britannique David Cameron et son homologue qatari, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, ont insisté sur la nécessité de « poursuivre le dialogue » avec l'opposition syrienne en vue d'une transition démocratique.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail