Accéder au contenu principal
Iran / Etats-Unis

Nucléaire, voyage en Amérique latine… le président iranien nargue les Etats-Unis

Visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad (à g.) au Venezuela, le 9 janvier 2012.
Visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad (à g.) au Venezuela, le 9 janvier 2012. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins
Texte par : RFI Suivre
6 mn

L’Iran ces jours-ci ne fait rien pour se mettre dans les bonnes grâces de Washington. En se rendant en visite officielle en Amérique latine, le président Amadinejhad est venu narguer les Etats-Unis tout près de chez eux. Et loin de se plier à ses obligations nucléaires, comme le lui a ordonné le Conseil de sécurité, il vient de commencer, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, à enrichir son uranium à 20% sur son site de Fordo.

Publicité

De notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Pour l’administration Obama, c’est une nouvelle escalade iranienne. L’uranium enrichi à plus de 20% peut très bien être utilisé pour fabriquer une bombe. Le département d’Etat a donc appelé une nouvelle fois l’Iran à suspendre ses activités d’enrichissement de l’uranium, à coopérer pleinement avec l’Agence internationale de l'énergie atomique et à se conformer à toutes les résolutions du Conseil de sécurité et du bureau des gouverneurs de l’AIEA.

Un journaliste a fait remarquer que l’Iran, d’une certaine façon, coopérait avec l’AIEA, sans cela il n’aurait pas été possible aux inspecteurs de déceler les nouvelles activités. Victoria Nuland, la porte-parole du département d’Etat lui a répondu que l’Iran autorisait les inspections quand ça lui convenait, mais a-t-elle ajouté, cela n’enlève rien au fait que l’AIEA a maintenant indiqué que les Iraniens avaient gravi un échelon de plus dans la violation de leurs obligations nucléaires. Récemment, le président Obama avait approuvé de nouvelles sanctions visant tout particulièrement la Banque centrale iranienne et les Etats-Unis attendent maintenant que l’Union européenne fasse de même en cessant d’acheter du pétrole à l’Iran.

Autre sujet d’irritation pour les Etats-Unis: la condamnation à mort d’un Américano-Iranien

L’administration Obama a dénoncé la condamnation à mort pour espionnage d’Amir Mirzaï Hekmati. « Les accusations selon lesquelles M. Hekmati travaillait pour la CIA et aurait été envoyé en Iran pour espionner sont fausses » a dit le porte-parole du Conseil de sécurité national. Il a ajouté que l’Iran était connu pour arrêter des Américains innocents pour des raisons politiques, les accusant d’espionnage et obtenant des confessions par la force.

Pour le gouvernement américain, il s’agit d’une fabrication. Washington a demandé que l’ancien Marine soit relâché sans délai et puisse avoir accès à des diplomates suisses qui représentent les intérêts américains à Téhéran. Mais ceux-ci pour le moment n’ont pas réussi à le voir. Pour les experts du renseignement l’accusation d’espionnage ne tient pas : Jamais la CIA n’aurait envoyé un ancien Marine en Iran pour une telle mission. Hakmati est détenu, pensent ces experts, afin de servir de monnaie d’échange lors de concessions faites à Téhéran par Washington.

Au Venezuela, Chavez et Ahmadinejad affichent leur unité face aux Etats-Unis

Dans ce contexte, le président Iranien Ahmadinejad a achevé ce lundi une visite au Venezuela. Il a eu  plusieurs heures de tête à tête avec Hugo Chavez au palais présidentiel de Miraflorès. Au menu des discussions, les échanges commerciaux entre les deux pays, et la pression internationale sur le projet nucléaire iranien. Ils ont ensuite fait le point en direct sur toutes les chaines publiques lors d'une très longue allocution télévisée, sous le regard de notre correspondant François-Xavier Freland. Un Chavez en forme, qui a retrouvé des cheveux et sa verve, a accaparé la parole en direct. Le président iranien paraissait un peu maigre à côté du corpulent président vénézuélien. Les écouteurs sur les oreilles, pour la traduction, Ahmadinejad hochait de la tête avec un sourire presque gêné, pudeur perse oblige, à chaque diatribe anti-américaine de Hugo Chavez, et elles étaient nombreuses et déjà entendues… Une fois de plus Chavez s'est lâché, il a comparé la pression occidentale sur la Syrie ou l'Iran, à celle qui s'est transformée en « une agression sauvage », selon ses propres mots, contre la Libye et « l'assassinat du martyr Kadhafi ». Le président venezuelien a beaucoup ironisé sur le projet nucléaire iranien tant décrié par les occidentaux. Carte en main, il est revenu sur les nouveaux accords de coopération Iran-venezuela. Il a désigné au bout d'une baguette les différents projets d'usine et de coopérative agricoles entre les deux pays, ajoutant provocateur, « on y prépare la bombe nucléaire », avec le sourire en coin. Le duo Chavez-Ahmadinejad s'est bien amusé, ce lundi, à la barbe des Etats-Unis. Rien de très neuf à Caracas, la même musique, les flonflons militaires, si ce n'est les lunettes noires des généraux iraniens, les femmes voilées dans l'assistance, tout cela sous des applaudissements convenus. 

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.