Iran/Union européenne

Vers un embargo de l’Union européenne sur le pétrole iranien

La première plateforme pétrolière iranienne, en mer Caspienne.
La première plateforme pétrolière iranienne, en mer Caspienne. AFP/IRANIAN PRESIDENCY

Alors que le Japon va progressivement réduire ses importations de pétrole iranien, l’UE s’oriente vers les mêmes mesures de rétorsion pour protester, elle aussi, contre le programme nucléaire iranien. A l’occasion de leur réunion du 23 janvier prochain, les ministres des Affaires étrangères des 27 devraient décider d’un embargo sur ce pétrole. Les ambassadeurs des pays membres ont préparé un compromis dans ce sens.

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Avec notre bureau de Bruxelles

Une réunion des ambassadeurs, représentants permanents des Vingt-Sept à Bruxelles, a eu lieu jeudi matin 12 janvier 2012. Ces ambassadeurs ont avancé vers une forme de compromis pour la mise en place de cet embargo sur le pétrole iranien.

Selon les dernières tractations, cet embargo pourrait entrer en vigueur dans six mois pour le pétrole brut iranien et dans trois mois pour les produits pétrochimiques. Cette interdiction d’importer du pétrole iranien à l’intérieur de l’UE serait alors assortie d’exemptions : elles permettraient aux sociétés iraniennes qui remboursent en pétrole des dettes qu’elles ont contractées en Europe, de continuer à le faire. Cela concerne particulièrement l’Italie et la compagnie nationale ENI auprès de laquelle l’Iran a contracté près d’un milliard d’euros de dettes.

Les modalités de cet embargo, que les Vingt-Sept envisagent plus ou moins officiellement depuis début décembre 2011, représentaient la quadrature du cercle : il y avait d’un côté ceux qui voulaient frapper vite et fort comme l’Allemagne et la France ; de l’autre côté, des pays comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce, gros importateurs de pétrole iranien. Ces derniers auraient préféré un délai d’un an pour aller au terme des contrats en cours. C’était essentiellement le cas de la Grèce à qui l’Iran vend, pour l’instant, son pétrole à crédit.

Le compromis qui aurait été trouvé aujourd’hui tendrait à démontrer que les Européens ont progressé dans leurs recherches de sources d’approvisionnement alternatives. L’UE importe d’Iran 18% de son pétrole et chercherait à obtenir de l’Arabie Saoudite une augmentation de sa production pour compenser la perte du pétrole iranien du fait de l’embargo en préparation.
 

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