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TURQUIE

Turquie: le tribunal ne reconnait pas le complot dans le meurtre du journaliste Hrant Dink

Rassemblement de manifestants après l'annonce du verdict du tribunal, à Istanbul, le 17 janvier 2012.
Rassemblement de manifestants après l'annonce du verdict du tribunal, à Istanbul, le 17 janvier 2012. REUTERS/Murad Sezer
Texte par : RFI Suivre
2 mn

En Turquie, un tribunal d'Istanbul a condamné hier mardi 17 janvier à la prison à vie un complice de l’assassin du journaliste turco-arménien Hrant Dink, tué il a cinq ans quasiment jour pour jour. Le meurtrier, mineur au moment des faits, avait été condamné en juillet dernier à 23 ans de prison. Mais le tribunal a estimé que ce crime, malgré les nombreuses complicités avérées au sein des forces de sécurité, n’était pas le fruit d'un complot, ce qui a suscité la colère des avocats et des proches du journaliste, l’un des défenseurs les plus célèbres de la cause arménienne.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Peu avant le verdict, il y avait déjà du monde devant le tribunal de Besiktas à Istanbul. Une jeune femme distribue des pancartes, disant que le procès ne se limitera pas aux deux commanditaires présumés qui restent les seuls derniers accusés : « nous sommes les amis de Hrant Dink, nous menons une lutte pour la justice. Alors que le procès des instigateurs de son assassinat se termine, nous voulons faire savoir que nous n’en resterons pas là ».

Quant l’avocate Fethiye Cetin sort du tribunal après le verdict, elle a du mal à contenir ses larmes : « ainsi donc Hrant Dink n’aurait pas été assassiné selon un plan savamment organisé, mais simplement par deux ou trois inconscients. Il n’y aurait même pas là de complot. Nous ne nous attendions pas à une décision si minimaliste, vraiment, nous ne nous attendions pas à cela ! »

Et l’avocate de souligner, comme beaucoup le ressentent, qu’en Turquie, les minorités restent opprimées et privées d’une vraie justice : « la tradition de l’état turc en matière de crimes politiques, et la tradition de cet état à ostraciser une partie de la population et à la désigner comme ennemie, cette tradition, elle reste bien vivante. Aujourd’hui, avec cette décision de justice, ils l’ont encore prouvé ! »

La petite foule en colère se met à marcher, pancartes noires en main, en scandant des slogans. Le cortège rejoint le siège du journal Agos, devant lequel son rédacteur en chef avait été assassiné. Des œillets rouges et des bougies sont disposées sur le sol, à l’endroit où le corps du journaliste reposait sans vie.

L’un des ses amis, le professeur Cengiz Aktar explique : « lorsqu’il a été assassiné le 19 janvier 2007, la presse proche du pouvoir a déclaré exactement ça. Deux voyous qui s'étaient emportés contre les propos de Hrant Dink. Ils ont décidé de le tuer. Voilà ce que l'on a entendu, il y a cinq ans. Et c'est le verdict donné probablement avant l'assassinat qui est tombé aujourd’hui ».

Au mégaphone, on explique que le combat continue jusqu’à ce que toute la lumière soit faite. Cengiz Aktar est sceptique : « ce soir, il y a un abattement généralisé, les gens se sentent floués et trompés, il reste la Cour européenne des droits de l’homme... ».

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